New-Tech Si tous les regards se tournent vers le Mate 10 Pro, c’est le Mate 10 Lite dont on subodore le plus gros carton. En cause : un apport qualité prix digne des premières heures d’Huawei.

Tous n’ont d’yeux que pour le Mate 10 Pro et le Mate 10… tout court. Les deux itérations de la dernière édition très attendue de la phablette du constructeur chinois dévoilée à Munich mercredi sont, effectivement, les vitrines technologiques de ce qu’Huawei sait faire de mieux à l’instant T. Logique. Mais il y a un troisième larron, dont on parle trop peu. Et qui est pourtant destiné à réaliser le véritable braquage commercial qu’Huawei s’apprête à faire sur le marché des grands smartphones en cette fin d’année : le Mate 10 Lite. En termes d’occupation médiatique, les iPhone X, Galaxy Note 8 et Mate 10 Pro pètent effectivement le score. Mais en termes de volume, on subodore la rouste que va mettre le Mate 10, intelligemment tarifé à 349 €, à ces trois mobiles de respectivement 1.159 €, 999 € et 799 €.

349 €, c’est effectivement le prix d‘un smartphone moyen de gamme, standard. Pas celui d’une phablette aussi correctement dotée que le Mate 10. Même s’il n’embarque pas tous les atouts de ses grands frères, il parvient à afficher une fiche technique des plus correctes : 4 Go de RAM, 64 Go de stockage intégré (plus la possibilité d’étendre cette capacité via une carte micro-SD), un processeur Kirin 659 octocore à 2,36 GHz (pas une foudre de guerre, mais largement suffisant pour 80 % des utilisateurs), une jolie finition métal, un écran quasi-borderless de 5,9 pouces, un lecteur d’empreintes digitales (dorsal) et deux couples de capteurs photo, tant à l’avant (13 mégapixels + 2 mégapixels pour gérer la profondeur) qu’à l’arrière (16 mégapixels + 2 mégapixels pour gérer la profondeur).

En revanche, le terminal fait malheureusement l’impasse sur une résolution d’écran WQHD, mais le Full HD reste confortable sur cette taille de dalle. Il n’embarque pas non plus Android 8.0 Oreo - se contentant de la version 7.1 - et se satisfait de la surcouche Emui 5.1, alors que le Mate Pro embarque la version 8.0. Nulle trace non plus, bien entendu, de la puce qui permet au Mate 10 Pro de faire ses premiers pas dans l’intelligence artificielle. La batterie, point fort historique de la série Mate, se contente ici de 3.340 mAh. Il faudra une excellente optimisation logicielle pour que Huawei maintienne le cap de "deux jours d’utilisation sans recharge en conditions normales" promis.

Le retour du rapport qualité-prix

Il n’empêche que pour 349 €, voici un téléphone bien conçu, bien pensé, qui ne propose pas spécialement les toutes dernières avancées technologiques, mais un ensemble hardware parfaitement cohérent, un grand écran et une partie photo soignée (même si impasse est faite ici sur le partenariat avec Leica, réservé aux Mate 10 et Mate 10 Pro). Huawei ne s’y est d’ailleurs pas trompé : en Belgique, le Mate 10 (standard) ne sera même pas proposé à la vente. Le Mate 10 Pro se chargera de convaincre ceux qui attendent le nec plus ultra sous grands smartphones Android sans vouloir débourser le tarif requis par le Note 8. Le Mate 10 Lite, lui, convaincra tous ceux qui souhaitent un grand smartphone sans se ruiner et même… les nombreux qui vont se rendre compte qu’ils peuvent s’offrir une phablette très cohérente au prix d’un smartphone lambda de 5 pouces.

Après plusieurs années d’augmentation progressive de ses tarifs et de montée en gamme de son panier moyen, Huawei renoue ici avec ce qui lui a permis de se tailler la place de choix qu’il occupe sur le marché mondial (3e) et belge (entre 2e et 3e, selon l’agenda d’Apple) : le rapport qualité-prix.