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Le Martyre, du 28 au 30 novembre sur la Toile mondiale

STRASBOURGLe théâtre quitte les planches pour la toile, avec la création, en direct sur internet, du Martyre, proposé par e-toile, une association strasbourgeoise désireuse de s’affranchir des codes du spectacle vivant classique.


Les internautes, en se connectant les 28, 29 et 30 novembre, entre 20 h 30 et 21 h 15 sur le site http: //e-toiler.com, pourront participer à ce spectacle interactif d’un quart d’heure, adapté d’un mystère du XVe siècle, Le martyre de Saint-Etienne.


Les représentations sont tout d’abord filmées en direct de la Fabrique de Théâtre de Strasbourg, puis encodées au Zentrum für Kunst und Medien de Karlsruhe, en Allemagne, qui les bascule ensuite sur internet.


Interprétée par un acteur unique, la pièce relate le destin tragique du premier saint martyrisé de l’église catholique.
"Ce qu’on veut, ce n’est pas rajouter des choses sur internet", explique Yannick Bressan, 28 ans, acteur et metteur en scène du Martyre, cofondateur d’e-toile, qui présente son projet comme une première mondiale. "On préfère s’intéresser au sensible et à la place de l’homme dans internet, réfléchir à de nouveaux codes de spectacles vivants spécialement conçus pour le web", poursuit ce diplômé de l’école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, spécialisé dans l’audiovisuel et le multimédia.


Pas question, donc, de se contenter de filmer une pièce de théâtre classique pour la retransmettre sur la Toile: Le martyre a été conçu comme un spectacle à entrées et sorties multiples, afin de coller aux pratiques des internautes, qui zappent souvent d’un site à l’autre.


A la différence d’une pièce de théâtre classique, il a aussi fallu tenir compte de la présence d’une caméra qui, en créant des hors champs, entraîne "une autre appréciation de l’espace de jeu et du public: on va chez les gens", affirme Yannick Bressan.


Les spectateurs-internautes seront ainsi invités à donner leur avis, quatre fois par acte, sur l’atmosphère de la pièce.


En cliquant sur des carrés de différentes couleurs, symbolisant leur antipathie, leur neutralité ou leur sympathie, ils influenceront le jeu de l’acteur. "Si j’ai 80% de gens avec moi, je ne déclamerai pas de la même manière que si j’en ai 80% contre moi", assure Yannick Bressan, en soulignant que "le texte ne changera pas: le martyr sera martyrisé".