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La cyberattaque sans précédent qui a frappé plus de 200.000 victimes dans au moins 150 pays depuis vendredi 12 mai devrait servir de "signal d'alarme" à l'intention des gouvernements, selon Brad Smith, le directeur juridique de Microsoft.

Entre-temps, la crainte d'un "cyberchaos" reste vive, à l'occasion de l'utilisation de millions d'ordinateurs rallumés lundi par les travailleurs de par le monde.

Ce n’est pas la première fois qu’on vous alerte sur ce fléau. Ce ne sera pas la dernière. Le ransomware, sa vitesse de propagation, sa propension à frapper tant les particuliers que les entreprises, est passé de 275 cas en 2015 en Belgique à… 6.621 pour le cru 2016. Une explosion des faits, multipliés par 22 (par 5 à l’échelle européenne), et en croissance de… 2.307 % !

Et encore, on ne parle ici que de chiffres issus des plaintes… Et nombreuses sont les victimes qui ne portent pas plainte.

Rembobinons. Qu’il se décline sous sa variante crypto (qui crypte l’accès aux données qui réside sur votre ordinateur ou smartphone) ou locker (qui empêche carrément votre machine de démarrer), le ransomware est un maliciel qui, après infection, prend en otage les fichiers de votre disque dur. Une fenêtre aura vite fait de balafrer votre écran, vous invitant à passer à la caisse pour (soi-disant) récupérer vos données.

Un payement souvent exigé en bitcoins, par le biais du navigateur Tor, histoire d’assurer l’intraçabilité de la transaction. Rappelons le conseil qui prévaut : il ne faut jamais payer les 300 à 500 € réclamés par les pirates. Vous n’avez aucune garantie de récupération de vos données, et surtout aucune assurance qu’ils ne retentent pas le coup un peu plus tard…

Pour freiner la pandémie, la cyber emergency team fédérale (CERT. be) et la FCCU nouent un partenariat autour du projet No more ransom. Cette initiative lancée en juillet dernier par Europol, la police néerlandaise, Intel Security et Kaspersky Lab, propose, sur le site www.nomoreransom.org, des clés de décryptage pour libérer les fichiers et de nombreux conseils de prévention. La Belgique est désormais un supporting partner du projet, bénéficiant aujourd’hui d’environ 80 soutiens tant publics que privés, tels que celui de la police française, de la Commission européenne ou encore du Cybercrime control center japonais.

Une collaboration "d’une importance capitale", explique Jo De Muynck, directeur ad intérim du CERT. "Tant que notre lutte contre la cybercriminalité se borne à ces frontières, nous n’avons aucune chance."