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Mac Mini et Macbook Air revenus d'entre les morts, iPad Pro qui virent leur bouton Home et port Lightning : analyse des nouveautés dévoilées par Apple ce mardi après-midi. Les prix, eux, s'envolent...

Une keynote d'Apple n'est jamais un exercice vain. Derrière le but évidemment commercial (surtout lorsqu'il s'agit, comme ici, de remplir les wishlists de fin d'année) de ces annonces, se cachent toujours l'un ou l'autre combat. Pour la keynote de ce mardi 30 octobre, qui vient de se terminer à New York (et non dans la Silicon Valley, à Cupertino) où Tim Cook a été accueilli comme une rockstar, on en voit au moins deux : l'actualisation du catalogue Mac, et la survivance dont Apple veut faire montre sur le marché des tablettes.

Voici toutes les nouveautés présentées, et décortiquées.

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1. Les nouveaux iPad Pro virent leur bouton et passent à l'USB !

Primo, il est question de montrer que le produit tablette n'est pas mort. C'est la mission dévolue aux nouveaux iPad Pro, présentés cet après-midi.

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Produit extrêmement créateur de marge à sa naissance commerciale (dont l'An 1 est attribuable à Apple, même si le produit, techniquement, existait avant le premier iPad, dévoilé il y a huit ans par Steve Jobs), la tablette s'est, d'un point de vue global, rapidement essoufflée. C'est que la tablette n'est pas le smartphone, et ne bénéficie pas des cadences de rééquipement folles observables sur le marché du mobile. Résultat : le secteur subit sa quinzième (!) baisse trimestrielle consécutive, en matière de livraisons d'unités. Après tout, un iPad 3, ou un Samsung Galaxy Tab de 2014, convient toujours pour la plupart des tâches demandées par le consommateur lambda : du surf, des réseaux sociaux, de la vidéo en streaming. L'iPad est de ces produits qu'on laisse traîner sur la table du salon ou de chevet, pas de ceux qui nous suivent à longueur de journée et dont on attend des tâches répétées.

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Malgré tout, Apple reste solide leader de ce secteur, et ne connaît pas le même ressac que ses rivaux : la Pomme cherche à confirmer la tendance à la hausse des ventes de ses tablettes depuis cinq trimestres désormais.

A ce titre, l'iPad Pro déploie, depuis sa création, une nouvelle carte : il se veut, pour Apple, le produit qui doit littéralement briser le mur entre la tablette et l'ordinateur. Une puce plus puissante (A12X Bionic est de la partie) pour parvenir à ces fins, au même titre qu'une nouvelle mouture (aimantée) de l'Apple Pencil, sont ainsi embarqués sur le nouvel iPad Pro. Ce dernier s'inspire également des derniers iPhone : écran (Liquid Retina), mais surtout, disparition du bouton Home au profit de Face ID, le système de déverrouillage par reconnaissance faciale. On notera (déplorera ?) également l'éviction du port jack (casque audio). Quant au design, petite touche rétro : il revient à des bords plus anguleux, façon iPhone 5/iPhone SE...

En termes d'occupation de l'espace, l'iPad Pro vise l'optimisation : il est beaucoup plus petit que son prédécesseur, tout en conservant une diagonale d'écran de 12,9 pouces pour la version la plus grande (exactement comme le modèle de 2017) et en gagnant même un demi-pouce de diagonale sur la version la plus accessible (qui passe de 10,5 pouces à 11 pouces). La puce graphique embarquée est promise "d'un niveau équivalent à celle embarquée dans les dernières Xbox One".

L'iPad Pro sortira le 7 novembre et se monnayera à partir de 899 € (version 11 pouces, Wi-Fi Only, sans accessoires), 1119 €(version 12,9 pouces, Wi-Fi Only, sans accessoire toujours). L'iPad Pro ancienne génération (10,5 pouces, avec bouton Home) reste au catalogue, à partir de 649 dollars. Le nouvel Apple Pencil coûte, lui, 135 €. Le Smart Keyboard Folio vaut respectivement 219 € et 199 € pour les versions 12,9 et 11 pouces.

Le truc à retenir absolument :

Exit la connectique Lighting ! Pour la première fois, Apple fait un pas vers la standardisation numérique en intégrant un port USB de Type-C. On pourra donc recharger son iPad Pro avec le même câble qu'un smartphone Android (récent). Une vraie petite révolution !


2. Le nouveau Macbook Air (pas du tout) "low-cost"

Low-cost, on est d'accord, il faut vite l'écrire. Mais positionner un Mac autour du seuil des 1.200 dollars, pour Apple, n'est pas si anodin. Telle est la destinée du successeur du Macbook Air, terminal pétri de succès à sa sortie (où il fut présenté dans une enveloppe Kraft) mais laissé à l'abandon depuis de nombreuses années. Fier de ses 100 millions d'utilisateurs de Mac dans le monde, Apple entend continuer à élargir son emprise, notamment en renforçant son entrée de gamme. Le nouveau Macbook Air, enfin équipé d'un écran Retina Display de 13,3 pouces (4 millions de pixels), ressemble pas mal au Macbook. Il fait l'impasse sur la Touch Bar, mais embarque bien Touch ID (en haut à droite du clavier papillon), le système de reconnaissance d'empreinte digitale.

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En termes de connectique, le nouveau Macbook Air intègre (seulement) deux ports, mais ils sont très versatiles : ils sont compatibles USB (Type-C) et Thunderbolt 3. Le port jack, pour y brancher un casque, est toujours présent. Côté puissance, ce sont les Core i5 (huitième génération) d'Intel qui seront montés dans la machine, qui peut embarquer jusqu'à 16 Gb de RAM et 1 Tb de mémoire de stockage (en SSD).

Pesant 1,13 kilos, épais de seulement 15,6 mm (contre 17,3 mm pour la mouture précédente), le Macbook Air, décliné en plusieurs coloris (gris argenté, gris plus foncé et gold) et constitué de "100% d'aluminium recyclé", sera commercialisé à partir de 1.199 dollars (et 1.349 € en Belgique !) (en version d'entrée de gamme de 8 Gb de RAM, 128 Gb de SSD, propulsée par un Intel Core i5 cadencé à 3,6 Ghz) dès le 7 novembre. Pas donné, pour si peu de mémoire/puissance brute, mais ce Macbook Air fait un vrai bond technologique...

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Le truc à retenir absolument :

Le Macbook Air monte en gamme, et ressemble plus que jamais au Macbook, sans Touch Bar.

3. Le Mac Mini, revenu d'entre les morts pour Halloween

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Seul ordinateur du portfolio pommé livré sans écran, le Mac Mini sort du sommeil dans lequel il était plongé depuis 2014. Avec un repositionnement majeur à la clé : anciennement, le Mac Mini était un produit pour switcher, pas trop cher, vers l'environnement Apple. Plutôt grand-public, donc. Le nouveau Mac Mini se veut davantage tourné vers les professionnels. Et davantage onéreux. Il peut recevoir un processeur six-core, jusqu'à 64 Gb de mémoire vive (RAM, au format SO-DIMM, donc remplaçable) et 2 Tb de mémoire de stockage. Le design reste inchangé, mais le prix est pour le moins coquet : en entrée de gamme (8 Gb de RAM, processeur quad-core, 128 Gb en SSD), le nouveau Mac Mini débute à 799 $ et 899 € en Belgique ! 300 de plus que l'itération précédente... Le Mac Mini est précommandable dès aujourd'hui.

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Le truc à retenir absolument :

Une mise à jour technique uniquement, et dont on a du mal à comprendre le repositionnement tarifaire, fortement revu à la hausse. Les NUC d'Intel, bien moins onéreux, et qui n'existaient pas lors du lancement du premier Mac Mini, offrent aujourd'hui une alternative très concurrentielle à ce dernier...