New-Tech À force de chercher le like , les jeunes risquent de s’isoler du monde réel.

Le lancement en décembre de Messenger Kids - une messagerie pour les 6-12 ans - a provoqué une levée de boucliers de nombreux chercheurs qui craignent l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes.

Face à la pluie de critiques, Facebook n’a pas tardé à réagir. Deux chercheurs ont été chargés de répondre à cette question : passer du temps sur Facebook est-il dangereux pour la santé ?

Et leur conclusion est sans appel : "Facebook n’est pas dangereux. Mais la manière dont on l’utilise peut l’être". Un discours qui rappelle celui du lobby américain des armes à feu, pour qui "les pistolets ne tuent pas. Les hommes tuent".

Pour les deux chercheurs, pas de risques pour les utilisateurs actifs : ceux qui postent, commentent et échangent avec leurs amis. En revanche, il est mauvais pour la santé mentale de se contenter de scroller, de faire défiler les publications Facebook, de manière passive.

Pour Jean Twenge , chercheuse en psychologie à l’université de San Diego, aux États- Unis, l’utilisation passive est effectivement la plus néfaste. Mais l’utilisation active de Facebook n’est pas inoffensive. Selon elle, le fonctionnement même de Facebook et des autres réseaux sociaux est responsable de ce qu’elle qualifie de "pire crise de santé mentale depuis des décennies".

En cause, le système de récompenses des réseaux sociaux : les likes, cœurs et commentaires. Ce système pousse les utilisateurs, particulièrement les jeunes, à publier, encore et encore. Ils deviennent accros, ont besoin du shot de dopamine (hormone du plaisir) et consacrent leur temps à obtenir cette dose de bonheur.

Le problème, c’est que, comme pour toute drogue, la dose requise est de plus en plus importante. Pour Jean Twenge, cette recherche constante du like entraîne parfois "l’isolement, l’enfermement sur soi et même la dépression", lorsque la récompense attendue n’a pas été obtenue.

Une assertion partagée par l’ancien cadre de Facebook Chamath Palihapitiya qui a déclaré que Facebook déchire le lien social. Il a également avoué empêcher ses enfants d’utiliser les réseaux sociaux.