New-Tech Deux ONG françaises accusent le géant d’avoir recours à des enfants ouvriers.

Le géant de l’électronique Samsung se serait bien contenté de squatter les gros titres de l’actu High-Tech, qui n’a actuellement d’yeux que pour le CES de Las Vegas. La firme sud-coréenne aurait signé des deux mains pour qu’on ne parle, ces heures-ci, que du lancement de son nouveau smartphone phare de 2018, le Galaxy S9, qui sera annoncé en février au Mobile World Congress de Barcelone. C’était sans compter sur le concours des deux ONG françaises Sherpa et Peuples solidaires, qui viennent de lui glisser un fameux caillou dans la chaussure.

Les deux organismes ont déposé, ce jeudi 11 janvier, une plainte devant le tribunal de grande instance de Paris contre le géant sud-coréen (Samsung Worldwide) et sa filiale française (Samsung Electronics France) pour "pratiques commerciales trompeuses" et "violations des droits fondamentaux" de leurs employés.

Les griefs sont concentrés sur deux usines de fabrication (notamment des smartphones Samsung, qui inondent l’Europe), en Corée du Sud et en Chine. Les problèmes seraient particulièrement criants chez l’un de ses sous-traitants du titan, HEG. Les accusations sont lourdes : on parle de recours au travail d’enfants, ainsi que des conditions de travail et d’hébergement indignes. Le tout dans un contexte où Samsung se targue de laver plus blanc que blanc : sur son site Internet, il assure respecter les droits des travailleurs sur toute sa chaîne de production et expose "l’objectif de devenir l’une des entreprises les plus éthiques au monde".

Précisons que Sherpa et Peuples solidaires avaient déjà déposé une première plainte en 2013 contre la seule filiale française de Samsung, mais celle-ci avait été classée sans suite. Les deux ONG affirment aujourd’hui étayer le dossier de nouveaux éléments, en s’appuyant sur plusieurs rapports fournis par l’ONG américaine China Labor Watch (CLW), qui s’est infiltrée à diverses reprises dans les usines de HEG depuis 2012.

Samsung France dément les accusations, affirmant pratiquer une "politique de tolérance zéro par rapport aux enfants ouvriers." La justice française (compétente au titre que les smartphones produits dans les usines incriminées sont bien vendus en France - et en Belgique aussi, d’ailleurs), tranchera.