Santé En 2014, seuls 63,5% des 5-14 ans ont vu un spécialiste. En 2008, ils étaient 59,1%.

La gratuité des soins dentaires pour les enfants (hors soins orthodontiques particuliers) a été décidée en 2005. Elle a été élargie en 2009, en permettant la gratuité des soins dentaires avant l’âge de 18 ans. Cette mesure a un impact certain : davantage d’enfants consultent un dentiste. Le nombre de visites régulières de mineurs d’âge est encore trop faible. "On a encore un enfant sur trois qui ne vient pas", déplore Michel Devriese, ancien président de la Société de médecine dentaire, l’Association dentaire belge francophone. "Les barrières financières ne sont plus là. La mesure a un impact certain mais elle ne règle pas tous les problèmes. Il faut continuer à communiquer, à faire des actions de sensibilisation. C’est ce que nous faisons, avec l’ONE et la médecine scolaire. On constate, au fil des années, une amélioration, mais ce n’est pas suffisant."

Pour étayer son constat, il se base sur un décompte officiel : "Si l’on prend la tranche d’âge des 5-14 ans, 59,1% des enfants allaient chez le dentiste en 2008. En 2014, six ans plus tard, 63,5% des 5-14 ans s’y rendaient."

Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne. La Région bruxelloise serait mauvaise élève : seuls 55,8% des enfants bruxellois ouvrent régulièrement la bouche devant un expert de santé buco-dentaire. Ils sont 59,1% en Wallonie et 67,6% en Flandre.

Or, si les enfants y allaient régulièrement, ils recevraient des conseils de brossage du spécialiste, leurs caries éventuelles seraient observées dès les prémices, le mauvais alignement dentaire évité grâce à une intervention orthodontique...

Cependant, le spécialiste constate : "Les enfants seraient plus réguliers" que leurs aînés. Si le trajet-soin permet de réduire la facture et d’augmenter les remboursement, les adultes rechignent toujours à franchir les portes d’un cabinet dentaire. Seulement 44,6% des Wallons, 45% des Bruxellois, et 53,5% des Flamands y vont.

Les Belges sont le plus souvent soignés pour des caries, mais aussi pour le déchaussement (maladie parodontale) et l’halitose (mauvaise haleine).

Un autre problème est régulièrement constaté : l’érosion dentaire. "C’est devenu beaucoup plus répandu qu’avant. On le constate chez les adultes, et plus précisément les jeunes adultes de 20-25 ans", poursuit Michel Devriese. Ce problème est "clairement lié à la surconsommation de boissons acides et de sodas. L’alimentation végétarienne, plus acide, est aussi un risque, tout comme le grignotage. Il faut favoriser la salivation après un repas équilibré et, pour limiter l’érosion, on évite de manger entre les repas. Même un café sucré est à déconseiller. Seule l’eau plate pure est recommandée."

Les drogues douces ou dures (cannabis, tabac, alcool, cocaïne...) sont aussi responsables du phénomène, tout comme le fait "qu’on mastique moins. La salive joue le rôle de serpillière et tamponne les acides, protégeant, de la sorte, l’émail des dents."

"On peut garder ses dents à vie"

Il est tout à fait possible de garder son sourire naturel toute sa vie. "On peut garder ses dents à vie, confirme Michel Devriese. Il y a des centenaires qui ont toujours leurs dents. Aujourd’hui, il existe des perspectives plus heureuses qu’un dentier dans un verre d’eau. Les gens se doutaient qu’ils allaient perdre leurs dents et finir avec un dentier. En 1983, moins de 2% des enfants étaient indemnes de caries. En 35 ans, on a assisté à une évolution extraordinaire, grâce au dentifrice fluoré et à la prévention."

Outre un suivi régulier (tous les ans) chez le dentiste, il est essentiel d’avoir une bonne hygiène dentaire à la maison. La brosse à dents, le fil dentaire, les brossettes interdentaires et le dentifrice fluoré sont des indispensables. "Le rôle premier de la brosse à dents est de désorganiser la flore bactérienne qui se développe sur les dents et en bouche."