Santé Les nouveaux certificats d’incapacité de travail ont pu réduire "de 8% la durée moyenne" de ces périodes d’arrêt.

370.000 Belges seraient en incapacité de travail de longue durée. Les certificats d’incapacité de travail (CIT) ont changé le 1er janvier 2016. Désormais, la durée de l’incapacité doit être mentionnée par le médecin. En d’autres termes, il doit inscrire une date présumée de reprise. Si l’incapacité de travail persiste, le certificat doit être reconduit pour une nouvelle période.

Les Mutualités libres ont souhaité faire le point sur ces certificats plus d’un an après leur mise en place. Les responsables souhaitaient évaluer "l’impact de la déclaration de la fin de la période de l’incapacité de travail sur la durée."

Ils se sont concentrés sur les "dossiers dont la durée de l’incapacité de travail s’élève à minimum 28 jours." Premier constat: "La durée moyenne d’une incapacité de travail a reculé de neuf jours depuis l’introduction de ce CIT." Soit "environ 8%. Cette diminution est également notable pour les dossiers plus longs et elle est vraisemblablement une conséquence de l’introduction de la nouvelle mesure."

Indiquer une date de reprise serait donc positif et permettrait de réaliser des économies pour la sécurité sociale.

Mais le problème se pose pour le patient. Il doit parfois retourner chez le médecin généraliste ou spécialiste pour prolonger son arrêt de travail. "Ce certificat ne change rien, nous estimons toujours ce qui est meilleur pour le patient. Mais il est vrai que cela coûte plus cher au patient puisqu’il paie une nouvelle visite pour la prolongation du certificat", note un généraliste namurois. "Ce sera plus cher mais la visite du patient est signe d’une suivi plus personnalisé et plus régulier. Et c’est ce suivi qui permettra au patient de retourner au travail et d’y rester, sans avoir à revenir voir le médecin plus tard pour signaler un problème lié à son état de santé et provoquer une nouvelle incapacité de travail."

Un constat fait aussi par les Mutualités libres. "La probabilité que les personnes retombent ensuite en incapacité de travail a également augmenté", lit-on. Mais cela ne serait pas dû "au nouveau certificat." En revanche, elles constatent "une forte hausse du nombre de certificats. On compte désormais 4 certificats par dossier, c’est à dire une hausse d’un facteur de 2,5."

Cela s’expliquerait "par la durée prescrite, relativement courte." Les médecins indiqueraient une période inférieure à la durée réellement nécessaire. Les visites chez le médecin seraient donc indispensables pour prolonger si l’état de santé ne permet pas de reprendre le travail. Cela représente un coût certain pour "le patient et l’assurance maladie". La charge de travail administratif pour les mutualités augmente également. Elle devrait diminuer avec le certificat électronique.


33 jours d’arrêt de travail en moyenne

Si la durée d’incapacité de travail a diminué, elle reste assez conséquente. Si un médecin généraliste la constate et la recommande (21.461 nouveaux certificats d’incapacité de travail ont été signés de la main d’omnipraticiens entre le 1er janvier et le 31 août 2016), la moyenne est de 33 jours d’arrêt de travail, rapportent les Mutualités libres dans leur rapport.

Pour l’ouverture d’un dossier toujours, 4.512 CIT ont été établis par des chirurgiens orthopédiques. La durée d’incapacité de travail médiane est de 47 jours pour cette spécialité. Pour une intervention gynécologique conséquente, la durée médiane est de 42 jours d’arrêt de travail.

Les prolongations de certificats n’entrent pas en ligne de compte.