Santé C’est une avancée formidable pour remplacer une dent. Mais c’est aussi une intervention lourde, parfois décidée un peu trop vite. Et qui coûte cher !

1. Les dents doivent d’abord être soignées. Il faut être en bonne santé générale et bucco-dentaire pour envisager l’implant afin d’optimiser les chances de cicatrisation. Avant de le proposer, le dentiste pose de nombreuses questions et réalise une radio panoramique ou un scanner de la mâchoire. Il soigne toutes les dents qui le nécessitent et effectue, si besoin est, un détartrage. "La personne doit avoir une hygiène dentaire parfaite afin de limiter les risques d’infection et d’échec de l’implant", explique le Dr Jean-Luc Ardouin.

2. Ce n’est pas toujours la meilleure solution. Un manque d’os trop important, un emplacement qui nécessiterait une greffe trop complexe font que l’implant n’est pas toujours indiqué. Le risque d’échec est également plus important après une radiothérapie ou chez les fumeurs en raison de "mauvaises capacités de cicatrisation", précise le Dr Ardouin. Une étude de l’université McGill (Montréal) montre aussi une augmentation des problèmes d’implants qui ne tiennent pas chez ceux qui prennent des médicaments contre l’acidité gastrique. Enfin, il est contre-indiqué en cas de diabète mal équilibré ou d’antécédents de maladies cardiovasculaires.

3. Une greffe osseuse peut être nécessaire. Elle est proposée quand l’os de la mâchoire ne semble pas assez profond pour recevoir l’implant. "Quand une dent est arrachée, l’os a tendance à s’amenuiser au cours du temps", explique le Dr Thomas Fortin. Une partie peut aussi avoir été détruite par l’extraction. "S’il manque peu d’os, on peut combler l’espace avec des biomatériaux synthétiques ou de l’os humain de banque, dit le Dr Ardouin. S’il en faut beaucoup, de l’os est prélevé, par exemple, au niveau des dents de sagesse du bas. Il est fixé par des vis que l’on retire à la pose de l’implant." Cette opération alourdit la chirurgie et allonge les délais. Le risque d’échec de l’implant augmente aussi.

4. Mieux vaut être très patient. La pose d’un implant et d’une prothèse est un processus pouvant durer de quelques semaines à plus d’un an. Cela commence par le diagnostic et le bilan, puis, s’il doit y avoir une extraction de dent, le dentiste laisse la gencive cicatriser 2 à 3 mois. Il faut ajouter 6 mois en cas de greffe osseuse, puis 2 à 4 mois après la pose de l’implant pour installer la fausse dent. Certains praticiens réduisent les délais en posant l’implant juste après l’extraction, ou en plaçant la fausse dent le même jour que l’implant. "Il faut que la bouche soit saine et ce n’est pas vrai dans la majorité des cas", rappelle le Dr Ardouin. Le Dr Fortin préfère l’éviter : "Cela présente un risque d’infection et c’est, selon moi, la première cause d’échec des implants." Les dentistes préfèrent placer une prothèse provisoire en attendant que l’os adhère à l’implant avant de poser la fausse dent.

5. Il arrive que l’implant doive être retiré. "Le taux d’échec de l’implant est de 3 % à 4 %", estime Jean-Luc Ardouin. La plupart du temps, le site s’infecte ou alors l’implant ne tient pas. On s’en rend compte sans difficulté : il fait mal et on le sent bouger. Les raisons les plus fréquentes sont une dent mal soignée avec des bactéries résiduelles au moment de l’opération, ou un os surchauffé par la fraise du dentiste lorsqu’il a creusé l’espace. Il ne peut alors plus adhérer à l’implant et doit se reconstituer pendant un mois et demi. Des dents mal entretenues sont également une cause d’échec. L’implant est parfois retiré au bout de quelques jours, ou de plusieurs années. "Lorsqu’il ne tient pas ou se brise sans raison apparente, ou suite à une erreur de notre part, on repose un implant à notre charge", conclut le Dr Ardouin.

6. Il existe un risque de lésions nerveuses. Un implant mal positionné peut occasionner des douleurs lancinantes ou une perte de sensibilité au niveau du visage. Ces cas rares concerneraient 1% des patients, mais ils seraient en augmentation, du moins au Royaume-Uni, d’après une étude publiée en juin 2017 par le King’s College de Londres. Les chercheurs soulignent en particulier le défaut d’information des patients sur ce risque avant l’opération. "C’est un problème qui peut survenir si on place accidentellement un implant là où passent des nerfs, des artères et des veines, précise le Dr Ardouin. Cela ne doit pas arriver chez un spécialiste bien équipé en imagerie, afin de visualiser parfaitement les obstacles et de simuler la pose de l’implant."

7. Le spécialiste doit remettre un devis détaillé. Il doit indiquer le montant des honoraires, les étapes du traitement, la marque des matériaux utilisés et les risques encourus. Les implants low cost sont jusqu’à deux fois moins chers, mais il faut s’en méfier. Traçabilité, composition douteuse, risque de fracture plus élevé… la sécurité n’y est pas toujours. "Attention aux centres à l’étranger, ajoute le Dr Fortin. Il est impossible de savoir à l’avance si l’endroit est fiable, et les délais entre chaque étape sont souvent dangereusement raccourcis !" En outre, le devis doit mentionner ce qui est prévu en cas d’échec car si la dépose est gratuite, la remise en place d’un second implant peut engager - ou non, selon le praticien - des honoraires supplémentaires.