Santé

Les Belges seraient nombreux à souffrir de troubles de l’acuité visuelle et seraient peu enclins à consulter un ophtalmologue.

D’après une étude menée par le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), 70 % des Belges déclarent souffrir de troubles de la vue, et parmi eux 5 % des personnes déclarant souffrir d’un trouble affirment ne pas vouloir consulter un professionnel.

La nature des problèmes peut être variée. Mais il n’est pas forcément aisé pour tout le monde d’identifier précisément le trouble de la vue.

S’il est normal de souffrir d’un trouble tel que la presbytie dès l’âge de 40 ans, les autres troubles ont le plus souvent une composante héréditaire.

La presbytie est un phénomène de vieillissement normal de l’œil, qui apparaît dès l’âge de 40 ans. Une personne souffrant de presbytie présentera notamment des difficultés à lire de près.

L’accommodation, cette capacité à réguler naturellement la vue de près et de loin se rouille avec l’âge.

Le cristallin est une lentille naturelle que nous possédons à l’intérieur de l’œil et ses variations de courbure nous permettent de focaliser instantanément de loin ou de près quand nous sommes jeunes.

Mais il grossit et devient plus dur avec l’âge. Ce manque de souplesse enlève la capacité de focaliser de près, provoquant ainsi la presbytie.

Ce trouble se soigne par le port de lunettes, avec des verres positifs ou dans certains cas, par la chirurgie réfractive qui permet d’éviter le port de lunettes.

Les autres troubles de la vue d’origine réfractive, à savoir l’hypermétropie (manque de précision de près), l’astigmatisme (imprécision selon certains méridiens : les composantes verticales peuvent être floues alors que les horizontales sont nettes ou vice versa), la myopie (manque de précision de loin) ou l’anisométropie (un défaut différent aux yeux ou à un seul œil) en général une composante héréditaire.

D’après Monique Cordonnier, chef de Service d’ophtalmologie à l’hôpital Erasme (ULB), "en âge préscolaire, la fréquence des anomalies réfractives significatives est de 7 % pour l’hypermétropie, 6 % pour l’astigmatisme, 1,5 % pour l’anisométropie, et 0,3 % pour la myopie".

Une prévalence plus faible pour la myopie et plus forte pour l’hypermétropie.

Cependant, avec l’âge, la fréquence de la myopie a tendance à augmenter et "l’enfant dont les deux parents sont myopes a de fortes chances de devenir myope avec l’âge", assure Monique Cordonnier.

À noter que les lunettes ne sont pas remboursées au-delà de 18 ans, sauf si le défaut réfractaire est de 8.25 de dioptrie ou plus.

Au-delà de 65 ans, les verres correcteurs sont remboursés, à partir de 4.25 de dioptrie. Dans le cadre d’une chirurgie réfractive, certaines mutuelles remboursent une centaine d’euros, mais le prix total de l’intervention avoisine 1.000 euros par œil.