Santé La hausse des accises a poussé les consommateurs à s’approvisionner à l’étranger.

Parmi les réformes fiscales de 2016, on retiendra celle des accises sur le tabac et les cigarettes. Le gouvernement avait budgétisé une rentrée fiscale de 199 millions d’euros supplémentaires, mais elle n’a finalement rapporté que 151 millions d’euros.

L’an dernier, le gouvernement avait en effet compté sur 3,238 milliards d’euros de recettes fiscales provenant des produits de tabac mais ceux-ci n’ont finalement rapporté que 3,087 milliards à l’État. Ventilées entre accises et TVA, ces recettes représentent respectivement 2,351 milliards et 736 millions.

Si l’on se réfère à l’année 2015, le montant global est certes en hausse, puisque de 3,039 milliards, nous sommes passés à 3,087 milliards de recettes, mais cela masque mal un trou de 151 millions par rapport à ce qui avait été budgétisé. Des 199 millions d’euros supplémentaires attendus, à peine 48 sont entrés dans les caisses nationales. Ce que déplore bien évidemment la fédération sectorielle Cimabel, qui a chiffré le manque à gagner à "4,78 € par seconde !".

"Avec cette hausse drastique des accises, le gouvernement a obtenu l’effet inverse", note le président des producteurs et importateurs de cigarettes, Pierre Durinck.

Les consommateurs ne semblent en effet pas avoir délaissé leurs cigarettes, mais au contraire avoir cherché des alternatives moins coûteuses, soit sur un marché illégal en constante croissance, soit à l’étranger, essentiellement au Luxembourg et dans les pays d’Europe du Sud et de l’Est.

Par ailleurs , pour les vendeurs belges proches des frontières, les recettes ont enregistré une forte baisse puisque les consommateurs français, néerlandais ou encore anglais se sont faits nettement moins nombreux.

La fédération tire donc la sonnette d’alarme, tablant sur un déficit de recettes encore bien plus important cette année. Là où le gouvernement table sur des rentrées fiscales s’élevant à 3,349 milliards d’euros en 2017 (soit 262 millions d’euros de plus que cette année), les cigarettiers estiment que le trou budgétaire pourrait dangereusement flirter avec les 400 millions d’euros. Et les professionnels du secteur d’appeler avec insistance au dialogue avec les autorités. Un appel qui n’est pas sans rappeler celui de la fédération des spiritueux, qui dressait le même constat il y a quelques jours.