Santé Arriverons-nous un jour à vaincre complètement le cancer? A cette question, aujourd'hui sans réponse, près de 6 Belges sur 10 sont convaincus que, oui, les scientifiques relèveront ce défi.

" Ce résultat me ravit car les Belges ont raison d’être optimistes, réagit le Pr Ahmad Awada, chef de service de Médecine et d’Oncologie médicale, à l'Institut Jules Bordet . A l’heure actuelle, on guérit plus d’un cancer sur deux en Belgique grâce à des dépistages et surtout grâce à l’approche multidisciplinaire du cancer par les oncologues médicaux, les chirurgiens, les radiothérapeutes ainsi que les soins de support, mais pas seulement.
Les traitements existants ne cessent de s’améliorer et depuis deux ans, nous possédons une nouvelle arme contre certains types de cancers très meurtriers que les traitements traditionnels n’arrivaient pas à combattre. Cette arme est l’immunothérapie, une thérapie biologique ciblée qui permet de rétablir les capacités du système immunitaire à combattre le cancer. Nous nous réjouissons de ce bouleversement du paysage thérapeutique qui restait inchangé depuis plus de trois décennies. Nous sommes convaincus que les chiffres de survie du cancer ne vont faire que s’améliorer, l’immunothérapie n’en étant qu’à ses débuts".

Seulement 1,5 % des Belges interrogés citent l'immunothérapie comme traitement


Si les Belges ont globalement une bonne connaissance des cancers les plus fréquents (sein, poumon, côlon) et les plus meurtriers (poumon, pancréas, foie) ainsi que des traitements classiques du cancer tels que la chimiothérapie (citée en première position par 72% des répondants), la chirurgie (11 %) ou la radiothérapie (8 %), on ne peut pas en dire autant des thérapies biologiques ciblées, et en particulier l’immunothérapie, citée par seulement 1,5 % des répondants. C'est en effet ce qui ressort d'une enquête réalisée par Ivox, à l'initiative de la firme pharmaceutique MSD, sur un échantillon représentatif de 1000 personnes entre le 15 mars et le 22 mars 2018.

Manifestement peu informés en ce qui concerne les derniers développements thérapeutiques, près de 60% des Belges souhaitent voir arriver plus de nouveaux traitements et plus de 60% estiment que la recherche avance lentement. Des chiffres qui n'étonnent pas l'oncologue : "C’est normal ! Pour le monde médical, l’immunothérapie a déjà une place de choix surtout dans certains types de cancer; une bonne partie de l’avenir de la cancérologie est sans doute là. En 2017, il n’y a eu pas moins de 700 publications scientifiques sur le thème et les voies d’exploration restent immenses avec de nouvelles indications à l’étude, des combinaisons possibles avec des traitements traditionnels, la recherche de marqueurs d’efficacité, etc.
Les Belges ne voient que la pointe de l’iceberg. Il n’empêche, en deux ans de temps en Belgique, l’immunothérapie est déjà accessible dans 6 cancers différents (mélanome, poumon, vessie, maladie d’Hodgkins, tête et cou, rein
) donnant des résultats extrêmement probants sur des cas auparavant difficilement traitables".


70 % des Belges pensent qu'ils auront un jour un cancer

Alors que, selon le baromètre MSD, 70% de nos compatriotes pensent qu’ils seront un jour confrontés personnellement au cancer, mettent-ils pour autant un maximum de chances de leur côté afin d'éviter la maladie? Pas si sûr: 22% avouent ne rien faire pour réduire les risques de cancer. Certains ont néanmoins mis en place des mesures de prévention. Ainsi près de 60 % déclarent ne pas fumer ou avoir arrêté, 46 % se protègent la peau des rayons du soleil et 44 % disent manger plus sainement.

Quant aux attentes, 64% souhaitent un meilleur dépistage, 59% plus de nouveaux traitements et 57% un meilleur remboursement. "Pourtant, en Belgique, ces trois domaines n’ont jamais autant progressé, répond à cela le Pr Awada. Il faut dire ce qui est, le Belge est bien loti en matière de prise en charge du cancer. Dans le dépistage et surtout le diagnostic, nous possédons des imageries médicales beaucoup plus sensibles et performantes qu’auparavant.

Pour ce qui est des nouveaux traitements, on l’a déjà précisé, ces deux dernières années marquent l’avènement de nouvelles thérapies qui n’ont pas fini de nous étonner, et en particulier l’immunothérapie.

Quant au dernier point - le remboursement -, il faut savoir que la Belgique est un des rares pays d’Europe donnant accès aussi rapidement aux innovations thérapeutiques montrant une réelle plus-value. C’est à saluer car dans un domaine où parfois la survie se compte en mois, c’est inestimable".


Témoignage

Un patient à qui on ne prédisait que trois mois à vivre est toujours là après 1 an et sans traces de cancer. Ce n’est pas un cas isolé. Il témoigne.

"Après un réanimation cardiaque et un coma suite à une crise d’épilepsie, j’ai passé des examens plus approfondis, raconte Roland. On m’a alors découvert une métastase au cerveau, celle qui avait provoqué la crise d’épilepsie, ainsi que la tumeur principale au poumon et d’autres métastases aux os. J’étais tout simplement condamné. Mon spécialiste m’a alors proposé de tester l’immunothérapie comme traitement général de la maladie après radiothérapie sur le cerveau, je n’avais plus rien à perdre. Je l’ai commencé en septembre 2017 et mon organisme y réagit bien. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de la métastase au cerveau, la tumeur au poumon a fortement diminué et les métastases aux os sont consolidées. Surtout, je revis ! Mon quotidien s’est nettement amélioré. Je peux refaire des choses que je ne faisais plus".