Santé Les cabines du corps entier sont en hôpitaux ou en centres de rééducation mais aussi en centres esthétiques.

La cryothérapie du corps entier a deux champs d’application : le médical et le sportif. Mais une troisième application commence à se démarquer : l’application esthétique. Ces cabines dans lesquelles on travaille l’entièreté du corps (à l’exception de la tête) commencent à faire leur apparition dans certains instituts, centres de soins esthétiques et balnéothérapies.

Une "aberration" selon certains professionnels de la santé. Le Dr Alain Krysztein, chirurgien orthopédique à l’hôpital Antoine Depage à Bruxelles, déplore : "C’est une aberration de faire de la cryothérapie de corps entier en dehors des cabinets médicaux ou de kinésithérapie ."

Être confronté, le corps presque nu, à un air d’azote froid durant trois minutes, c’est difficile. Il y a de nombreuses contre-indications. "On ne peut, entre autres, pratiquer la cryothérapie du corps entier sur des femmes enceintes. Les personnes qui présentent de l’hypertension artérielle, des affections respiratoires, des infections de la peau, des problèmes cardiaques... ne peuvent y entrer non plus."

Or, il n’est pas avéré que dans les centres esthétiques la tension des personnes qui viennent pour faire fondre leur surplus graisseux soit prise. "À l’hôpital Antoine Depage, nous n’avons eu, en un an, que deux malaises légers. Entendons-nous bien : c’étaient uniquement des réactions de personnes liées à l’azote. Elles avaient l’impression que leur tête tournait. On les a fait sortir, elles se sont assises et nous avons aéré la pièce. C’est important de faire ça en milieu médical !", poursuit le Dr Kryksztein. "En cas de problème, la personne est directement prise en charge par un médecin."

D’où l’importance d’une vigilance accrue. L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) nous indique que la cryothérapie du corps entier est considérée comme étant un "acte médical".

Les centres peuvent donc être contrôlés par le SPF Santé publique. En cas de problème, en tout cas, l’affaire sera rapportée à ce service public fédéral.

Contacté par nos soins, le SPF Santé publique ne dénombre, actuellement, aucun contrôle auprès des instituts qui utilisent ces cabines.

Le cabinet de la ministre fédérale de la Santé ne s’est pas exprimé à ce sujet.