Santé

En 2015, 94 nouveaux cas de cancer du pénis ont été diagnostiqués en Belgique.

Selon une étude internationale présentée lors du Congrès de l’association européenne d’urologie à Copenhague, un patient sur quatre atteint du cancer du pénis ne reçoit pas le traitement recommandé, c’est-à-dire une ablation partielle ou totale de l’organe. En cause, le refus du traitement par les malades et une hésitation ou méconnaissance des procédures de la part des médecins.

L’amputation est souvent perçue par les patients comme “pire que la maladie”. Pourtant, l’ablation représente la solution la plus efficace pour en guérir, étant donné qu’ils ont deux fois plus de chances de s’en sortir. Mais la pénectomie place les patients concernés face à un lourd dilemme. Le malade doit choisir entre la perspective de garder son pénis mais rester malade ou celle de ne plus avoir d’attribut masculin et guérir.

En 2015, 94 nouveaux cas de cancer du pénis ont été diagnostiqués en Belgique, précise la Fondation registre du cancer. Le défaut d’hygiène, aggravé par l’existence d’un phimosis (affection du pénis) empêchant tout décalottage, est le principal facteur de risque. Ce cancer touche généralement les hommes de plus de 60 ans. Une rougeur ou une irritation sur le pénis, un changement de couleur, figurent parmi les signaux d’alerte.

Malheureusement, dans la moitié des cas, les médecins ne proposeraient pas l’intervention car ils ne la maîtrisent pas suffisamment. “Les patients atteints de cancers peu fréquents sont souvent délaissés parce que leurs maladies sont trop rarement rencontrées par les professionnels de la santé”, analyse Thierry Reys, urologue indépendant.

Dans le monde, le cancer du pénis concerne un homme sur 100.000 en moyenne. “Les personnes souffrant de cette pathologie seraient plus efficacement prises en charge dans des établissements spécialisés dans le traitement des maladies rares”, précise-t-il. Les médecins y sont davantage habitués aux symptômes et aux méthodes destinées à les guérir. Avec, à la clé, une meilleure chance de survie pour les patients.