Santé L’Australie pourrait devenir le premier pays à éradiquer ce virus très contagieux qui touche 80% des femmes et hommes sexuellement actifs une ou plusieurs fois au cours de leur vie. Et chez nous, comment cela se passe-t-il ?


Selon le Professeur Squifflet, gynécologue aux Cliniques Universitaires Saint-Luc de Bruxelles, il faudrait atteindre au moins une couverture de 75% de la population belge pour obtenir une immunité collective. "Si tous nos jeunes étaient vaccinés, on pourrait penser à l’élimination du virus comme en Australie".

Aujourd’hui, 1.094 cancers sont liés au papillomavirus (HPV) par an en Belgique. Si les mesures annoncées par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles évoluent dans le bon sens, la connaissance de ce virus et de ses conséquences ainsi que le taux de couverture restent un vrai défi. Le HPV touche pourtant près de 80% des femmes et des hommes sexuellement actifs une ou plusieurs fois au cours de leur vie.

Selon une étude IVOX, seuls 28% des jeunes ont déjà entendu parler du HPV et savent de quoi il s’agit, 25% en ont déjà entendu parler mais avouent ne pas en savoir plus et près de 50% d’entre eux n’en ont jamais entendu parler ! La connaissance du HPV, la manière de le contracter et les risques encourus sont approximatifs et révèlent un manque d’informations important sur le HPV et sa vaccination.

Le flou semble également régner au niveau des conséquences du HPV : 48% des jeunes disent savoir que le HPV peut causer le cancer du col de l’utérus mais peu parlent des autres conséquences, seuls 7% évoquent les cancers du pénis et 6% les cancers oro-pharyngés. Seuls 11% savent que le HPV peut provoquer des verrues génitales.

Le dépistage du HPV étant compliqué, voire inexistant pour les garçons, et le préservatif ne protégeant que partiellement contre ce virus, le seul moyen pour l’éradiquer est la vaccination, c'est ce que confirme la Professeure australienne Suzanne Garland, experte en papillomavirus.

Elle sera demain en visite en Belgique et fera part de ses connaissances. L'Australie a en effet presque éradiqué le virus grâce à une couverture vaccinale élevée. "Le vaccin anti-HPV est distribué gratuitement dans les écoles pour les jeunes âgés de 12 à 13 ans, depuis 2007 pour les filles et depuis 2013 pour les garçons. Ces efforts portent leurs fruits : ces 10 dernières années, chez les jeunes femmes australiennes âgées de 18 à 24 ans, l’incidence des contaminations par HPV est passée de 22,7% à 1,1% !", explique-t-elle.

Concernant la Belgique, le Professeur Squifflet considère le taux de vaccination insuffisant. "L’objectif est d’atteindre une couverture de 75% de la population belge pour obtenir une immunité collective pour les souches dans le vaccin. Si tous nos jeunes étaient vaccinés contre le HPV, on pourrait envisager une diminution aussi drastique que celle observée en Australie."