Santé Ingrid, médecin généraliste, elle-même électrohypersensible, a tiré la sonnette d’alarme devant le sénat. Elle raconte son expérience quotidienne.

Ingrid (prénom d’emprunt), médecin généraliste de 41 ans, elle-même électrohypersensible, a témoigné devant le sénat dans le dossier de la demande de reconnaissance de l’électrohypersensibilité comme pathologie. "Si j’ai accepté, ce n’était pas pour parler de ma petite personne. Depuis que le diagnostic me concernant a été établi, j’ai été consulté pratiquement toutes les informations qui existent à ce sujet. Je suis effarée de ce que j’ai découvert. Il faut en informer le grand public. J’espère que ce message pourra lui être porté. Car c’est une catastrophe sanitaire qui est en train de se jouer. Dans 10 ans, les effets seront parfaitement visibles. Et je ne dramatise pas, malheureusement..."

Comment avez-vous découvert votre électrohypersensibilité ?

"On ne le découvre pas tout de suite car les facteurs sont multiples. J’ai d’abord commencé à avoir de l’arythmie cardiaque, de plus en plus forte. J’ai consulté un cardiologue qui n’a rien trouvé. Ensuite, un malaise général, des bouffées de chaleur, des maux de tête. Je n’ai pas fait le lien avec les ondes, le wi-fi."

Comment avez-vous fait ce lien ?

"J’ai commencé à avoir des insomnies violentes. Après quatre nuits sans dormir, même une minute, j’ai été victime d’hallucinations. Une nuit d’insomnie, je suis descendue dans mon salon. Dans une sorte de réflexe de survie, j’ai débranché mon wi-fi, juste pour voir… J’ai senti immédiatement mon corps se dégonfler comme un ballon. J’ai alors fait le test de ne pas m’exposer aux ondes pendant 48 h. Je suis restée chez moi. Tout a disparu. J’ai scientifiquement fait la démarche de rallumer le wi-fi pour la nuit. Chaque fois, les symptômes revenaient."

En dehors de la maison, vos symptômes réapparaissent ?

"Ma vie a changé. Je ne peux plus aller au restaurant, au cinéma. Je suis piégée chez moi… "

Quels sont les risques pour la santé des ondes ?

"Tant pour les adultes que pour les enfants, il y aura un gros impact. Les enfants qui naissent aujourd’hui sont déjà en contact avec les ondes dans l’utérus. Leur cerveau absorbe toutes ces ondes."

Et les conséquences ?

"Chez les adultes et encore plus les enfants, les téléphones et les ondes wi-fi portables augmentent les tumeurs cérébrales, les troubles de l’attention, du sommeil. Cela favorise des pathologies multiples… À long terme, il y a aussi Alzheimer. C’est alarmant."

5G à Bruxelles : "On est 20 fois plus stricts que ce que recommande l’OMS"

Pour permettre l’installation de la 5G à Bruxelles, la norme d’émission sera donc revue à la hausse et passera de 14,5 V/m en extérieur et de 9 V/m en intérieur. "Ces normes sont 50 fois plus strictes que ce que recommande l’OMS et l’ICNIRP, et elles demeureront 20 fois plus strictes dans le cadre de la révision que je propose", nous assure Céline Fremault (CDH), ministre bruxelloise de l’Environnement qui assure qu’au niveau du contrôle des normes, " la Région bruxelloise est la plus avancée du monde". " Chaque année, le comité d’experts neutre et indépendant réétudie les effets de cette norme sur la santé, l’économie et le développement des technologies. Il s’agit d’un état des lieux effectué pour le Parlement et le gouvernement, et donc en toute transparence pour les citoyens."

La ministre ajoute que le comité d’experts a remis un avis disant qu’en matière de santé publique, la norme actuelle (6 V/m) n’était pas problématique. Elle estime que la 5G était nécessaire. "Les réseaux étaient saturés", ajoute le cabinet de la ministre.

De quoi convaincre les adversaires de la 5G ? "Les autorités parlent des normes en lien avec les effets thermiques. Les scientifiques parlent des effets biologiques, moléculaires. De sorte que nous avons ensemble un dialogue de sourds", estime la médecin qui a témoigné devant le Sénat.