Santé La maladie virale serait "désormais guérissable" selon l’UZ Leuven et l’UCL.

L’UZ Leuven et l’UCL se réjouissent. Selon une équipe de chercheurs, et d’après des résultats probants de 170 patients souffrant d’hépatite C et d’hémophilie traités via de nouveaux types de traitements, la maladie "est devenue entièrement curable, et il est même possible de l’éliminer dans les populations à haut risque".

En d’autres termes, le remboursement des traitements nouveaux pour certaines personnes à risque (hémophiles, personnes transplantées, atteintes d’une cirrhose, co-infectés HIV et hépatite B...) permet une guérison.

Une nouvelle réjouissante qui comporte cependant quelques zones d’ombre. Le professeur Yves Horsmans, hépatologue aux cliniques universitaires Saint-Luc (UCL) explique: "Avec la nouvelle génération de médicaments contre l’hépatite C, nous obtenons un taux de guérison supérieur à 95 %. Nous pouvons donc en conclure que la maladie est désormais guérissable dans la pratique quotidienne. Plus important encore, l’hépatite C peut être éradiquée dès aujourd’hui dans certains groupes à risque."

Le médecin spécialiste tempère toutefois: "En Belgique, l’éradication totale est seulement théorique. Elle n’est pas pratique. Cela ne concerne que certaines personnes, celles dites ‘à risque’. Le remboursement des soins, qui valent parfois une dizaine de milliers d’euros et que certains ne peuvent pas se payer, n’est pas accessible à tous."

Ensuite, l’éradication serait possible si et seulement si tous les cas étaient diagnostiqués. "Le virus n’a pas de frontières. Le problème de l’hépatite C est que les gens qui en sont atteints n’ont pas de symptômes, poursuit le médecin. Si l’on ne cherche pas le virus, on ne le trouve pas. Si l’on veut éradiquer l’hépatite C, il faut un diagnostic. Aujourd’hui, je conseillerais à tous les baby-boomers et à tous ceux qui font une prise de sang de demander aussi que le médecin demande une analyse concernant l’hépatite C. C’est juste une case à cocher en plus."

L’hépatite C est une maladie virale, transmise par l’intermédiaire du sang. "On estime qu’un pourcent de la population en souffre. Je pense que c’est un peu exagéré", continue le professeur de l’UCL. "Je pense qu’on se situe plus aux alentours de 0,7 %. Ce qui ferait plus ou moins 70.000 Belges infectés. Actuellement, on en traite 1.500 par an."

Cette maladie virale est sournoise. "Elle est responsable de cancers du foie, de cirrhoses... Mais cela met entre 20 et 40 ans à se déclarer."