Santé Deux Belges nés à la suite d’une insémination par donneur inconnu ont retrouvé leurs demi-sœurs.

En Belgique, la loi prévoit que le don de sperme soit volontaire et anonyme. Mais pour la première fois, deux enfants nés à la suite d’une insémination par donneur anonyme ont retrouvé un demi-frère ou une demi-sœur après s’être enregistrés dans la base de données internationale ADN ("Family Tree DNA"), annonçait, mercredi, la fondation Donor Detectives, mise sur pied en mai dernier par six jeunes femmes (quatre Néerlandaises et deux Flamandes) à la recherche de leur père biologique.

Arbre généalogique via ADN

Sophie, une Belge de 38 ans née d’un donneur de sperme anonyme, est ainsi entrée en contact avec une femme de 35 ans dont la mère avait été admise, en 1981, à l’UZ Brussel à Jette pour une insémination artificielle. Enfant triplée, Sophie avait découvert, en 2016, après une enquête ADN, que son frère et sa sœur, pourtant nés le même jour et de la même mère qu’elle, étaient issus de paillettes de sperme différentes et donc d’un père biologique différent. Des recherches sur "Family Tree" ont permis à Sophie de se découvrir une demi-sœur avec laquelle l’ADN était plus proche que ceux de ses frère et sœur.

Débat éthique ouvert

L’autre cas concerne un autre demi-frère et une autre demi-sœur, nés à Gand et à Courtrai à dix ans d’intervalle.

La fondation Donor Detectives se dit "fière" de voir que des enfants de donneurs anonymes réussissent à retrouver des proches jusque-là inconnus. Selon la présidente Emi Stikkelman, "on montre que les enfants nés par donneur prennent leur sort en mains en Belgique et que l’anonymat promis n’est qu’une farce. Le fait que les personnes se retrouvent n’est plus qu’une question de temps".

La fondation demande à un maximum de personnes concernées de s’enregistrer sur la base de données et appelle les décideurs à revoir leurs politiques pour répondre aux souhaits des enfants nés par donneurs de connaître leurs origines. Le débat éthique ne fait que s’ouvrir.