Santé

Faut-il vacciner tous les enfants contre la grippe saisonnière, ou plutôt se concentrer sur les groupes à risques? Pour le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE), qui a étudié les stratégies qui généreraient le plus de bénéfices en termes de santé par euro investi, la vaccination des enfants, bien qu'elle génère un certain degré d'immunité de masse, ne suffirait pas à remplacer la vaccination des adultes. Si l'immunité était plus longue et le prix du vaccin moins élevé, le Centre conseillerait de vacciner tous les enfants et d'augmenter la couverture chez tous les adultes de plus de 50 ans. 

Le Conférence interministérielle Santé a demandé au KCE d'identifier les priorités entre les différents groupes cibles à vacciner contre l'influenza afin de la conseiller quant aux stratégies qui généreraient le plus de bénéfices en termes de santé par euro investi (rapport coût-efficacité) pour prévenir un maximum de grippes et de décès.

En ce qui concerne la vaccination universelle des enfants, elle est aussi "coût-efficace" que d'autres vaccinations "pour autant que les coûts de la vaccination soient réduits d'au moins 25%", indique le KCE.

"La vaccination des enfants contre la grippe saisonnière peut engendrer un certain niveau de protection indirecte d'autres groupes d'âge, mais son impact n'est pas suffisant pour remplacer la vaccination des adultes à risques, même si une couverture vaccinale élevée peut être atteinte", insiste le KCE.

La vaccination des femmes enceintes, des travailleurs de la santé et des personnes présentant une affection chronique sous-jacente est également aussi "coût-efficace" que d'autres vaccinations.

"L'intervention qui aurait la plus grande efficacité en termes cliniques, c'est-à-dire vacciner tous les enfants avec une couverture de 80% et augmenter la couverture chez tous les adultes de plus de 50 ans, pourrait réduire d'environ 40% le nombre actuel d'hospitalisations et de décès. Cependant, cette intervention ne serait coût-efficace que sous l'hypothèse d'une durée plus longue d'immunité et/ou si les coûts de vaccination étaient plus bas que ceux choisis dans notre scénario de base (prix du vaccin sans appel d'offre et coût d'administration d'une consultation)", conclut le KCE dans son rapport.