Santé L’industrie du tabac se lance dans la création de cigarettes électroniques.

Les ventes de produits à base de tabac sont en chute libre. Le nombre de fumeurs, en Belgique, diminue d’année en année. Il y a 40 ans, 40 % de la population fumait. Aujourd’hui, 19 % des Belges fument.

Afin de continuer à être rentables et d’engranger des bénéfices plus importants, les grandes marques se lancent dans l’e-cigarette. Ou presque.

L’IQOS, produit par Philip Morris, se présente comme un stylo dans lequel on glisse une petite cigarette filtre. Le produit, à base de tabac, dégage une vapeur, pas de fumée et donc aucune combustion "dangereuse". Ce qui donne l’occasion aux grands de l’industrie de prétendre que ce produit est "moins nocif" que le tabac.

Il n’en serait pas moins addictif que la cigarette traditionnelle. "Avec l’IQOS, la nicotine atteint très rapidement le cerveau, ce qui rend cette cigarette particulièrement addictive", déplore la Fondation contre le cancer.

Ce produit est déjà commercialisé dans de nombreux pays comme le Royaume-Uni, l’Italie, la Suisse ou encore le Japon. Les Pays-Bas devraient la vendre dans le courant de l’année 2017.

En Belgique, le marché de l’e-cigarette est fortement réglementé, tout comme la publicité concernant les produits à base de tabac ou assimilés. L’IQOS ne devrait pas être commercialisée dans les magasins consacrés à la vape.

Si elle est commercialisée en Belgique, ce qui pourrait être le cas cette année, comme chez nos voisins néerlandais.

Contacté à ce sujet, Philip Morris Benelux n’a pas répondu à nos questions. Il reste possible de se la procurer via les sites de vente en ligne au prix de 75 euros, environ.

La Fondation contre le cancer, via la plateforme Tabac Stop met en garde les fumeurs : "C’est un produit hybride qui requiert la plus grande prudence".

Ils ne font pas confiance aux "bonnes intentions" des géants du tabac. Et ajoutent que les "risques pour la santé sont encore inconnus à ce jour."

Luk Joossens, expert dans la lutte contre le tabac, avait déploré lors de notre entretien du 4 octobre 2016 que "Philip Morris ne cherche qu’à faire de l’argent et des bénéfices. Avec la présence du tabac dans cette cigarette hybride, ils veulent relancer leur industrie."