Santé

Un groupe d'experts aux Etats-Unis estime qu'il n'y a pas suffisamment d'indices cliniques pour conclure à l'utilité de l'examen gynécologique chez des femmes sans symptôme et qui ne sont pas enceintes.

Ce groupe consultatif - "U.S. Preventive Services Task Force" (USPSTF) - estime "insuffisantes les preuves pour déterminer si les bienfaits potentiels de cet examen sont supérieurs aux risques...", selon les conclusions publiées mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Le groupe n'a pas donné de recommandation formelle pour ou contre l'examen pelvique, qui consiste en général en un toucher vaginal et un examen de l'extérieur du bas ventre.

"Nombre de femmes a fait part de leur appréhension et anxiété avant cet examen ainsi que d'inconfort, de douleur voire d'embarras pendant qu'il est effectué", soulignent Colleen McNicholas et Jeffrey Peipert, respectivement de la faculté de médecine des Universités de Washington et d'Indiana dans un éditorial accompagnant cette étude.

"Sur la base des conclusions de ce rapport, les médecins pourraient se demander si cet examen devrait être abandonné", poursuivent les deux médecins, estimant que les patientes devaient être consultées.

L'USPSTF estime que davantage de recherches devraient être effectuées pour évaluer son utilité.

Ses dernières conclusions ne s'appliquent pas à des pathologies spécifiques pour lesquelles ce groupe d'experts a déjà conclu à la nécessité d'un dépistage régulier.

Il s'agit du frottis cervico-utérin pour détecter un cancer du col de l'utérus ainsi que la gonorrhée et la chlamydia, des infections bactériennes transmises sexuellement.

Un grand nombre de maladies gynécologiques graves ou bénignes font actuellement l'objet d'un dépistage par le seul examen du pelvis.

Les experts soulignent le faible nombre d'indices montrant l'utilité de cet examen seul pour détecter un cancer du col de l'utérus.

De plus, l'USPSTF relève le très faible nombre d'études effectuées sur le dépistage d'autres maladies par l'examen pelvien. Il est donc difficile d'en généraliser les résultats dans le cadre d'une prévention.

L'USPSTF a examiné les bienfaits et risques potentiels de cet examen chez les femmes à partir de 18 ans qui ne présentaient pas de risque spécifique accru d'aucune maladie gynécologique.