Santé Le toxicologue belge Alfred Bernard alerte des dangers du fumigène sur nos voies respiratoires.

Près de deux semaines après la Coupe du Monde de football, la liesse est quelque peu redescendue. Les rues et les places ont été nettoyées mais il reste à chacun les images de foules et les souvenirs de chants à la gloire des Diables Rouges, ou encore les fumées aux couleurs du drapeau belge.

Et depuis, d’autres manifestations sportives, comme le Tour de France, voient régulièrement la couleur de ces engins pyrotechniques.

D’ailleurs, le 20 juillet 2018, un fumigène a été projeté au milieu du peloton lancé à vive allure à l’approche du final de Valence, ce qui a agacé certains coureurs. "Ils dégagent un gaz qui pénètre dans la gorge. Au-delà du fait que c’est aveuglant, ça irrite surtout les voies respiratoires", expose Alfred Bernard, professeur de toxicologie à l’UCL.

Pour allumer un fumigène, il faut un oxydant et un réducteur qui vont réagir ensemble, avec un système d’allumage. Le dispositif libère alors des particules de couleurs opaques. "Le fumigène est constitué d’un irritant composé de nanoparticules et le risque est donc d’inhaler ces particules ultra-fines qui peuvent s’accumuler dans les voies respiratoires", explique-t-il.

La fumée dégagée par le fumigène comporte donc des particules de tailles différentes qui peuvent se retrouver plus ou moins loin dans le système respiratoire. Ils contiennent également tous environ 80 % de nanoparticules. "Il s’agit de particules inférieures à 0,1 micromètre qui peuvent pénétrer jusque dans les alvéoles pulmonaires. Le risque est surtout présent pour les personnes qui présentent des problèmes respiratoires, ce sont eux les groupes à risques. Il faut donc éviter d’inhaler de près ces substances aux abords des voies respiratoires et de manière répétée."

De plus, pour que la fumée puisse avoir cette couleur rouge, "elle contient la plupart du temps de l’anthraquinone", ajoute le toxicologue. "Cette substance a un effet cytotoxique avéré. Des tests réalisés ont induit un stress oxydant et une réponse inflammatoire de la part des cellules. Il y a donc un risque d’accumulation de ces particules dans les poumons", conclut-il.