Santé Les pertes urinaires touchent près de 20 % des femmes multipares. L’incontinence de stress "n’est pas une fatalité". Des solutions existent, insistent les urologues.

L’incontinence à l’effort, appelée aussi incontinence de stress n’est pas rare. La prévalence n’est pas connue en Belgique. Le sujet est encore tabou. Cependant, le professeur Thibaud Saussez, urologue aux cliniques universitaires Saint-Luc indique : "On estime que cela touche une femme multipare sur cinq, à peu près. C’est-à-dire que 20 % des femmes qui ont eu deux enfants ou plus souffrent, à des degrés divers, d’incontinence." Cela serait plus fréquemment observé après 45 ans, notent les kinésithérapeutes et médecins spécialisés.

Dans les hôpitaux belges, les cours de kinésithérapies pour renforcer le périnée sont souvent pris d’assaut. Jeunes mamans et dames plus âgées s’y côtoient. Sarah, 36 ans, trois enfants, y fait des exercices, contracte son périnée en descendant tel un soldat prêt à être adoubé, sur un genou. "Je souffre d’incontinence liée au stress, nous dit-elle. J’ai des fuites, ça me stresse et j’en ai encore plus après."

Mais l’urologue bruxellois précise : "On parle d’incontinence de stress, mais c’est de l’incontinence liée à l’effort. Pas du tout liée à l’anxiété. Le stress psychologique n’induit pas d’incontinence. Mais il peut induire le besoin d’uriner plus fréquemment puisque la vessie est surexcitée par le cerveau."

Le premier traitement ? La kinésithérapie ! "C’est un souci de sphincter pas assez musclé, note l’urologue. Généralement on prescrit 9 ou 10 séances pour renforcer les muscles périnéaux et pousser les femmes à contracter volontairement ces muscles pendant un effort."

Si cela ne s’avère pas suffisant, il y a la possibilité de passer sous le bistouri du médecin. "Des gestes chirurgicaux peuvent être posés quand il y a un échec de la kinésithérapie. Et cela fonctionne plutôt bien", poursuit le médecin.

Les publicités pour les serviettes antifuites auraient un impact négatif sur les femmes, déplorent quelques professionnels interrogés. "Le problème des publicités pour les bandelettes, c’est qu’elles induisent le fait qu’on ne peut rien y faire et que c’est la seule solution." De plus, porter des serviettes hygiéniques ou des bandes absorbantes au quotidien est néfaste pour la flore vaginale. "Cela favorise clairement les infections urinaires", constate le Dr Saussez.