Santé 54 % des personnes craignent d’être confrontées personnellement au cancer.

Cancer. Six lettres qui donnent froid dans le dos. Et pour cause, selon le baromètre des Belges face au cancer de l’entreprise pharmaceutique MSD, 54% des Belges "ont peur d’être un jour confrontés" à cette maladie.

En Belgique, selon les derniers chiffres du registre contre le cancer, 67.820 nouveaux diagnostics de cancer ont été posés en 2014. Outre la mort, les Belges craignent de souffrir. 24% des personnes évoquent la douleur. Mais ils redoutent aussi des conséquences sur les "proches et la famille" (24%) et une dégradation de la qualité de vie (21%).

Aujourd’hui, les cancers - pris à temps et suivis médicalement- ont de grandes chances de guérir. Les cancers les plus courants, à savoir le cancer du sein et le cancer colorectal, sont souvent vaincus. "Ils se soignent bien et ce ne sont pas les cancers avec les plus mauvais pronostics", précise le Professeur Thierry Pieters, pneumo-oncologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Le cancer du poumon, en revanche, reste une véritable calamité. "Le taux de mortalité de ce cancer est important."

En effet, les spécialistes estiment que 75% des patients décéderaient des suites du cancer du poumon, au plus tard deux à cinq ans après le diagnostic. La technologie et les traitements ont fortement évolué et contribuent à une meilleure guérison. Les Belges en sont convaincus: 58% sont optimistes. Ils pensent qu’il est possible d’en "finir un jour avec le cancer". S’ils croient aux chances de s’en finir avec le cancer, sept sondés sur dix trouvent cependant que la recherche "avance lentement".

Pour les spécialistes et les patients, l’immunothérapie pourrait être perçue comme un traitement crucial.

"Le cancer du poumon est un véritable défi. Nous pourrions bien être en train de le relever avec l’arrivée de l’immunothérapie", ajoute le pneumo-oncologue.

La thérapie, qui mobilise les défenses immunitaires du patient contre sa maladie, est désormais remboursée (depuis le 1er mai).

L’immunothérapie, longtemps réservée au traitement de mélanomes, a été étendue aux autres types de cancer, ouvrant la voie à un espoir.

Les cancers les plus fréquents

Hommes et femmes ne sont pas égaux face au cancer. L’incidence des tumeurs qui les attaquent est différente. Autrement dit, ils sont affectés différemment selon leur sexe.

Du côté des hommes, selon les derniers chiffres du registre contre le cancer (2014), le cancer le plus fréquent est le cancer de la prostate (7.909 nouveaux cas).

Suivent ensuite les plus mortels des cancers, à savoir le cancer du poumon (5.705) et le cancer colorectal (4.787). Les cancers tête et cou arrivent en quatrième position, suivis par le cancer de la vessie (1.881 nouveaux cas en 2014).

La gent féminine, quant à elle, lutte le plus souvent contre le cancer du sein (10.695 cas), le cancer colorectal (3.883 cas) et le cancer du poumon (2.491). Les femmes sont aussi sujettes au mélanome (1.553), au cancer de l’utérus, au lymphome non hodgkinien, cancer du pancréas, cancer des ovaires, leucémie et cancer de la thyroïde (697 cas).

Le taux de mortalité serait également différent selon les sexes. Il "diminue trois fois plus vite" chez les hommes que chez les femmes.

Le dépistage reste important. Pour optimiser ses chances de guérison, aller trouver son médecin traitant dès l’arrivée de la moindre grosseur suspecte ou douleur persistante est idéal.