Santé Un diabétique sur deux s’ignore et ignore les risques liés au diabète de type 2.

L’Association belge du diabète (ABD) et la société pharmaceutique Boehringer Ingelheim viennent de lancer Team D, une page Facebook pour les patients diabétiques de type 2. Des experts (médecins, diététiciens, psychologues, etc.) y donnent des conseils et répondent aux questions des patients. Cette communauté est la première du genre. L’objectif est d’informer mais aussi de sensibiliser les patients aux risques de la maladie.

En effet, selon des estimations de 2015, 543.1.00 Belges souffrent de diabète de type 2. "Et près de la moitié des diabétiques s’ignorent", regrette le professeur Martin Buysschaert, diabétologue et endocrinologue. "Le diabète est parfois asymptomatique, totalement sournois."

Malgré les traitements et les diagnostics clairs, le diabète reste la menace des années à venir. Considéré comme l’épidémie des prochaines années, le diabète est un des problèmes de santé publique les plus inquiétants. 50% des Belges âgés de 45 ans ou plus "présentent un risque potentiel de développer un diabète de type 2 ou un pré-diabète !". Les chiffres sont alarmants. .

Il y a de nombreuses complications cliniques du diabète. En effet, la maladie est l’une des "principales causes de cécité." Et cela constitue une crainte pour près de 45 % des malades. L’insuffisance rénale inquiète aussi beaucoup les diabétiques (28 % des patients le craignent).

En revanche, les maladies cardiovasculaires ne sont pas des craintes importantes. Seuls 25 % des diabétiques s’en préoccupent. 65 % des patients "estiment qu’ils ne courent pas de risque accru de développer des maladies cardio-vasculaires tant que leur diabète est sous contrôle".

Or, lorsqu’on développe un diabète de type 2 les risques d'être victime d’un AVC sont augmentés.

Pour le professeur Ruysschaert, il convient d’adopter un suivi "individualisé". Chaque patient doit être suivi de façon personnalisée et multidisciplinaire pour prévenir et traiter son (pré-)diabète.

Un "pharmacien de référence"

La ministre de la santé, Maggie De Block, introduit le concept de "pharmacien de référence" pour les patients atteints de maladies chroniques, comme les patients de diabète de type 2.

Ces patients, "polymédiqués", sont suivis par différents prestataires de soins. Désormais, même si c’était déjà le cas, les pharmaciens prêteront une plus grande attention à l'accompagnement et la prévention dans le suivi de ces patients, en collaboration avec leur médecin traitant et les spécialistes.

"Aujourd’hui, dans la pratique, de nombreux pharmaciens remplissent déjà ce rôle de ‘pharmacien de référence’, surtout pour les patients chroniques. En introduisant officiellement ce terme, nous voulons accentuer ce rôle. Nous soulignons ainsi le fait qu’il s’agit d’un engagement de longue durée impliquant une relation thérapeutique durable entre le pharmacien et son patient", se réjouit la ministre.