Santé Un plus grand nombre de Belges seraient plus assidus et se rendraient régulièrement chez le dentiste.

En 2017, 44,58 % des affiliés de la Mutualité chrétienne (MC) n’ont pas franchi les portes d’un cabinet dentaire. Dix ans auparavant, ils étaient 51,77 %. Une diminution progressive qui serait en lien avec la mise en place, le 1er janvier 2016, du trajet de soins buccaux. Ce chiffre n’est cependant pas national. Il concerne toutefois ses affiliés qui seraient au nombre de 4 millions.

L’introduction du trajet-soins n’a pas véritablement fait de miracles. S’il permet de réduire le ticket modérateur à condition de se rendre régulièrement chez le dentiste, nombreux sont les adultes qui rechignent à franchir les portes d’un cabinet dentaire. "Un Belge sur deux" n’irait pas montrer ses dents et gencives à un spécialiste de façon annuelle. Mais ce nombre tend à progressivement diminuer.

Michel Devriese, past president de la Société de médecine dentaire, poursuit : "Il y a un effet de stimulation lié à la mesure. Davantage de personnes ont consulté le dentiste, à la suite de cette mesure qui vise la prévention. Nous aurons des chiffres plus récents début de l’année prochaine."

Le coût de la vie est en partie à blâmer. Mais le manque d’informations aussi. Dans les faits, un grand nombre de citoyens ignorent qu’ils paieraient un ticket modérateur moindre s’ils étaient plus réguliers. "C’est vrai", concède le Dr Alain Perceval, dentiste. "Peu sont réellement au courant du trajet de soins. Ils se rendent compte que quelque chose ne va pas lorsqu’ils paient un ticket modérateur plus élevé de 15 %, quand ils sont moins remboursés. Dans ces cas-là, ils reviennent vers nous un peu fâchés. Et on leur explique."

Le dentiste qui travaille avenue Louise ajoute : "Le principe et le système sont vraiment bien. Ils favorisent la prévention et les interventions rapides. Et donc, ils permettent d’éviter des factures plus importantes liées à des interventions plus urgentes car le problème n’a pas été vu suffisamment tôt. Mais, de ce que je vois, il y a peu de gens qui sont vraiment au courant de la mesure entrée en vigueur en 2016…"