Santé C’est ce qu’indiquent deux chercheurs français dans leur Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux.

Nos placards débordent de médicaments qui ne servent à rien et qui peuvent même être dangereux pour la santé. C’est la conclusion du Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux , brique de 900 pages rédigée par le pneumologue Philippe Even et Bernard Debré, urologue et ancien ministre dans le gouvernement d’Edouard Balladur (1993-1995).

Publiée pour la première fois en 2012, cette véritable bible de la santé a été rééditée et actualisée l’année passée et fait le point sur toutes les grandes familles de médicaments qu’on retrouve dans la plupart des ménages.

Dans leur livre, les chercheurs écrivent que tous les médicaments sont potentiellement dangereux et pointent le déséquilibre entre les bienfaits et les effets indésirables de certains médicaments.

Dans leur ligne de mire, on trouve notamment les statines, une famille de médicaments censés limiter les risques cardio-vasculaires pour les personnes souffrant de cholestérol. Selon les deux scientifiques, le choléstérol ne représente pourtant aucun danger pour 90 % des patients de plus de quarante ans et ne représente qu’un danger mineur pour les 10 % récents. Le guide pointe également du doigt une série d’anti-inflammatoires accusés de provoquer des accidents vasculaires-cérébraux et certains médicaments cardiovasculaires jugés complètement inutiles.

Les pilules contraceptives de 3e et 4e générations en prennent aussi pour leur grade. Elles sont accusées d’être aussi efficaces que les pilules de 2e génération mais de provoquer trois à quatre fois plus de phlébites et d’embolies pulmonaires. Quant au Champix, médicament prescrit pour aider les fumeurs à se débarrasser de leur assuétude, il est, selon le guide, un antidépresseur qui présente des risques d’hallucinations et de suicide.

"Il faut pouvoir nuancer tout ça. Un médicament qui a un ratio bienfaits/effets indésirables négatif peut être prescrit à un patient parce qu’il n’y a pas d’autre médicament où que c’est le meilleur choix. C’est au médecin d’analyser les risques. Il faut aussi savoir qu’une partie des médicaments dont parle le livre ne sont plus en vente en Belgique. Les médicaments sont les produits les plus contrôlés au monde. Si on faisait pareil avec les pesticides, on serait surpris des résultats", précise toutefois Alain Chaspierre, président de l’Association pharmaceutique belge.