Santé Les psychiatres belges et français signent une charte.

Ce 21 mars, les psychiatres des hôpitaux psychiatriques belges et français signent une charte. " L’objectif est de défendre l’existence des hôpitaux psychiatrique et d’améliorer les soins via des échanges de bonnes pratiques", note Jean-Louis Feys, médecin-chef et président de la Conférence des médecins-chefs des hôpitaux psychiatriques de Bruxelles et de Wallonie

Les psychiatres belges font également le bilan de la réforme qui voulait déplacer "une partie des soins de l’hospitalier vers l’ambulatoire". Ils sont en phase avec ce "projet 107", initié en 2010. Mais ils déplorent certains manquements. "D’abord, la fonction hébergement qui n’est pas prête à accueillir tous les patients", souligne le Dr Jean-Louis Feys. "Nous nous étions déjà plaints, il y a quelques mois, de l’ouverture de maisons pirates privées."

Le manque de personnel dans les équipes mobiles et en centre hospitalier les inquiète aussi. "On attend plus de personnel. Pour 30 lits, nous avons 10 équivalents temps plein (ETP). C’est mieux que du gardiennage, mais ce n’est pas beaucoup mieux", ajoute le Dr Feys. "Maggie De Block souhaite étoffer les équipes mobiles. Nous souhaitons que les moyens libérés pour les élargir soient plus consé quents."

Les problèmes sont connus. Mais la situation belge est complexe : certaines fonctions de la réforme de santé mentale ne dépendent pas du fédéral. Les compétences reviennent parfois au communautés et Régions. D’où une complexité institutionnelle qui ne permet pas toujours aux choses d’évoluer rapidement.

"Je reste très prudente concernant la santé mentale. Ce sont les patients les plus vulnérables qui existent. C’est justement ce domaine-là qui a toujours été laissé à l’abandon", nous déclarait la ministre fédérale de la Santé, en octobre dernier,

Aujourd’hui, où en sommes-nous? Au cabinet de Maggie De Block, on nous affirme qu’il y a une réelle volonté "de doubler les effectifs au sein des équipes mobiles. Près de 500 ETP devraient grossir les rangs prochainement pour permettre des services de mobilité efficaces, qualitatifs et de la sécurité."

Le reproche de la lenteur de la mise en place est entendu. "Ces équivalents temps plein doivent être formés. Passer du point de vue résidentiel celui de la mobilité ne se fait pas en un claquement de doigts. La formation est importante", dit-on. "On a l’impression que ça bouge lentement, c’est vrai. Il y a en place une offre qui n’est pas négligeable. Des réflexions et négociations avec des représentants de psychiatres sont en cours pour améliorer la situation et proposer un modèle de financement de ces équipes mobiles."