Santé Le dopage amateur est il une pratique courante ?

"Tout dépend du milieu dans lequel on se trouve. Les sports collectifs avec une composante technique importante sont moins touchés par ce fléau (hockey, basket,…) et les sports où le physique est prépondérant sont plus propices au dopage (athlétisme, cyclisme,...). On retrouve également beaucoup de produits dopants dans les sports de précision (darts, carabine,...). Ils utilisent alors des tranquillisants. Ou au contraire des excitants pour les sports de combat. C’est connu de tous."


Avez-vous déjà été confronté à du dopage amateur ?

"Pas personnellement. Je défends le sport propre et je suis tout à fait clair là-dessus. Par contre, on entend des choses forcément. Beaucoup d’amateurs prennent des cachetons, et des médecins peu scrupuleux, il en existe, il ne faut pas se mentir… Maintenant, il y a des produits tout à fait légaux et en vente libre. Mon conseil, c’est premièrement de savoir si la personne en question se nourrit correctement. Ensuite, je lui conseille d’aller éventuellement voir un diététicien. Si, par après, les performances et les objectifs que l’on s’était fixés ne sont pas atteints, on peut envisager un supplément alimentaire pour perdre un peu de poids ou prendre de la masse musculaire. Mais pas n’importe comment."


Ces produits ne sont-il pas dangereux ?


"Le plus grand danger reste Internet. Quiconque veut trouver peut trouver, en quelques clics… Les produits sont alors utilisés de manière anarchique et, là, ça peut constituer un véritable danger. Par exemple, je connais des gens qui prennent de la DHEA. C’est une hormone d’anti-vieillissement qui facilite la récupération et qui est légale aux États-Unis mais pas chez nous. Elle peut provoquer des dérèglements hormonaux graves. Au-delà de ça, on repère évidemment ceux qui prennent des produits interdits. Il y a des signes extérieurs qui ne trompent pas. De l’acné en quantité importante, un comportement facilement irritable et aussi lorsque l’on voit des performances incroyables qui ne coïncident pas du tout avec le plan d’entraînement. Les gens prennent beaucoup de risques et ne s’en rendent pas compte…"

Un exemple ?


"Un jour, quelqu’un - en dehors du cadre de ma salle - est venu me demander si je ne connaissais pas un vétérinaire… C’est fou ! Les gens, en se renseignant sur Internet, en connaissent parfois plus que les professionnels sans pour autant se renseigner sur les effets secondaires qui, eux, ne se voient qu’à long terme. Après, il ne faut pas trop généraliser. L’avis de professionnels est de plus en plus requis par les sportifs amateurs même si l’être humain, par définition, triche."