Santé Le professeur Benoît Navez estime qu’il y a 15 % de risque de complications post-opératoires.

Nombreux sont les Belges à entrer en clinique pour des by-pass et autres sleeve. En Belgique, il y a "quelque 12.500 opérations bariatriques par an", explique le professeur Benoît Navez, de l’unité de chirurgie bariatrique des Cliniques universitaires Saint-Luc. "C’est deux tiers des opérations biliaires. C’est une opération courante, et il y en a à peu près 18.000 par an."

Ces 12.500 opérations digestives (by-pass, sleeve, banding…) "s’ajoutent aux 12.500 autres de l’année d’avant et de celle encore avant. Ce n’est pas rien."

A l’instar de toute intervention chirurgicale, le risque zéro n’existe pas.

Les complications post-opératoires, toutes confondues peu importe le degré de gravité, sont "de l’ordre de 15 %".

"Il faut bien préparer les gens : le risque zéro n’existe pas. les complications post-opératoires existent et il faut bien prévenir le patient", ajoute le professeur Navez.

Il n’est pas rare que les médecins s’occupent de gérer les complications. "Il y a deux types de complications : les précoces et les tardives. Les précoces, ce sont celles qui entourent l’acte chirurgical et surviennent dans les 30 jours suivant l’opération. Les tardives sont soit de vraies complications post-opératoires soit des reprises de poids. Mais selon moi, cette dernière catégorie est plus un échec de la méthode qu’une complication."

Les complications les plus fréquentes seraient un problème de cicatrisation, la fistule anastomotique (dans 2 % des cas, surtout des sleeves) et les hémorragies ("2 à 3 % des cas pour les by-pass", selon le médecin).

Ce sont des complications nécessitant des traitements longs, lourds et difficiles. "Ça dure parfois plusieurs mois", poursuit le professeur Navez. Il faut entourer le patient au mieux, médicalement et psychologiquement dans ces cas-là.

Le risque de décéder des suites de l’opération n’est pas nul. "La mortalité opératoire est de 0,4 %", ajoute le spécialiste. "Cela représente un patient sur 250 !".

Mais que les personnes qui souhaitent passer par ce type d’intervention pour perdre du poids se rassurent : "Dans 95 % des cas tout se passe bien. Ce qui est important, c’est qu’il faut se rendre compte rapidement de la complication qui survient et de l’enrayer."

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Mauvaises habitudes et carences

Après l’opération, le patient doit suivre des régimes alimentaires parfois plus contraignants. Les personnes souffrant de troubles alimentaires trouvent rapidement des solutions, souvent liquides, pour "manger plus". "Il peut arriver que certaines personnes retombent dans leurs travers", regrette le professeur Navez. "Il est important de bien les préparer. Le taux d’échec de ces interventions est proche des 25%."

À plus long terme, il peut y avoir des "troubles nutritionnels et des carences en vitamines." Et pour cause, se sentant bien, les patients ne font plus de visite de contrôle annuelle. "Or, dans le cas d’un bypass, par exemple, il se peut que le patient aient des carences en vitamines. Un suivi régulier permet d’éviter ces carences. Ce sont généralement des carences en fer, en vitamine B12, en vitamine A, en zinc... Une simple prise de sang permettrait de le voir. Et d’éviter des anémies sérieuses."

Pour le spécialiste des Cliniques universitaires Saint-Luc, il est important de "faire un contrôle chez le généraliste. Et de former les généralistes à ces complications."