Santé

Terminer une histoire, quitter des personnages... Cela peut être dur mais c'est tout à fait normal.

Rassurez-vous, vous ne commencez pas une addiction ni une dépression. Terminer un livre provoque bien un sentiment de tristesse mais le phénomène est connu des psychologues et il n'y a rien d'alarmant. "C'est normal et c'est bon signe", assure Stéphanie Ladel, addictologue, au Huffington Post. La spécialiste a étudié plusieurs dizaines de témoignages. A la question "Vous est-il déjà arrivé de vous sentir complètement abattu après avoir fini un bouquin (ou même toute une saga) ?", les membres du club de lecture ont déclaré à la quasi-unanimité : "oui".

"Les mots employés pour décrire les sensations que provoque la fin d'un livre sont très forts. 'Deuil', 'chagrin d'amour', 'rupture'... Ce n'est pas anodin comme champ lexical", explique-t-elle. Elle s'est donc penchée sur le phénomène pour savoir s'il s'agissait d'une addiction et la réponse est : non.

"Et pourtant, il y a quelques similitudes, affirme-t-elle. En quelque sorte, le lecteur éprouve du plaisir dans la lecture, va chercher ce plaisir en lisant un bouquin, il s'abandonne. Puis, quand l'histoire est finie, c'est la descente. Le lecteur est triste, perdu, il ressent un manque." Mais cela s'arrête là : "Ni dépendance, ni accoutumance, ni effets secondaires physiques, ni culpabilité d'avoir consommé".

Selon elle, ressentir de la tristesse ou un sentiment de perte à la fin d'un livre est normal et même positif. Cela prouve que le lecteur est dans l'empathie car il a été proche des personnages et pouvait se projeter en eux, les comprendre.

Certains lecteurs peuvent cependant sombrer dans une tristesse profonde entraînant la dépression, ce qu'on appelle le "Bovarysme", du célèbre roman de Gustave Flaubert. "Il consiste à construire sa vision du monde à partir de la lecture de romans." Rien d'alarmant néanmoins puisque cette dépendance est très rare.