Santé Le nombre d’enfants ayant des troubles du sommeil augmente.

"De plus en plus d’enfants souffrent de troubles respiratoires et du sommeil", constate Paul Wulleman, fondateur de Sleepclinic, une clinique du sommeil en réseau. Le spécialiste pointe divers éléments de la vie quotidienne qui empoisonnent le sommeil paisible des plus petits.

Il y a, d’une part, les écrans. "C’est la plus grande pollution qui soit", dit-il. "Une solution simple serait de dire aux parents de sévir et de dire qu’à partir de 20 h 30, par exemple, on coupe tous les écrans. On peut agir sur cela."

Autre problème : "La respiration buccale. On estime que, dans chaque classe, il y a deux enfants qui sont des respirateurs buccaux. C’est une véritable endémie."

Selon le médecin spécialisé, cela est lié à l’évolution de la société. Il détaille : "Les femmes n’allaitent plus autant qu’avant. Elles n’allaitent plus que trois mois. L’OMS en préconise six. L’allaitement a un impact sur le développement maxillaire. La prise de biberon et la nourriture molle, de type purée, ont un impact négatif sur la mandibule et les maxillaires. On ne mâche plus. Cela provoque des dysmorphies faciales. Ensuite, il y a le tabagisme parental qui met à mal les fosses nasales de l’enfant. Enfin, il y a eu le premier choc pétrolier. En réaction, on a mieux isolé les maisons, on a placé des doubles vitrages, on a augmenté le chauffage… On a favorisé la prolifération d’acariens et le développement de certains types d’allergies. Si l’on y ajoute les chats et chiens qui vont et viennent dans les chambres des enfants, cela peut encombrer les fosses nasales de l’enfant. Ce sont des maladies de civilisation."

Ces comportements pourraient avoir un impact négatif sur le sommeil. Et ce, dès le plus jeune âge. Des apnées du sommeil peuvent survenir plus tard. "Dix, vingt, trente ans plus tard, nous voyons arriver des jeunes adultes, avec des dysmorphies faciales non traitées par traitements orthodontiques, qui souffrent de ces problèmes liés à leur enfance."

Le médecin ne se veut pas alarmiste. Il souhaite simplement sensibiliser à aller consulter un pédiatre, un ORL ou un dentiste en cas de doute. "Il est important que le jeune enfant soit pris en charge par un orthodontiste qui pourra régler une partie du problème" , précise Paul Wulleman. Il ajoute : "Il est également primordial qu’il y ait une rééducation via une logopède ou un kinésithérapeute pour venir à bout de ce problème."

Un signe simple qui ne trompe pas

Le Dr Paul Wulleman enjoint aux personnes entourant l’enfant à regarder comment celui-ci respire durant la nuit.

"Tout être humain, quel que soit son âge, respire la nuit par le nez, précise le médecin. Les parents, les accompagnants, les instituteurs ou les puéricultrices doivent pouvoir voir et communiquer aux responsables de l’enfant la façon dont il respire. On vit de façon claire, durant la nuit ou les siestes, si celui-ci respire par le nez ou la bouche. On peut, dès lors, intervenir tôt, consulter des spécialistes et éviter des pathologies plus graves par la suite."

Les médecins (pédiatre, dentiste…) qui suivent l’enfant depuis son plus jeune âge sont également des personnes qui peuvent alerter les parents et les pousser à consulter des orthodontistes. "Ces personnes sont formées et attentives à certains éléments au niveau du développement maxillo-facial de l’enfant, ajoute Paul Wulleman. Généralement, ils détectent tôt les respirateurs buccaux."