Santé

La chaleur battant son plein, ils s’agglutinent à nos pores comme les rivaux du maillot jaune à la roue de Froome. Mais connaissez-vous vraiment les moustiques ? Vrai ou faux.

Voilà une légende urbaine très vivace : le moustique, du genre accro à Qui sera le plus grand pâtissier, serait plus prompt à s’attaquer aux sangs sucrés… Que les hyperglycémiques cessent d’avoir les genoux qui claquent : c’est de la pure fantaisie. La glycémie ne fait pas partie des facteurs chimiques qui attirent le moustique. Au contraire, une étude asiatique a même affirmé qu’un excès de cétones (sucres et acides fruités dégagés dans la sueur) avait plus de chances d’éloigner le nuisible que de faire de vous un macaron géant à ses yeux. En revanche, il est avéré par plusieurs études (en milieu clos) que le moustique aurait un penchant pour un groupe sanguin : le groupe O serait deux fois plus prisé que le groupe A.

Les femelles moustiques, qui sont les seules à nous infliger leur gratouillant châtiment, ne procèdent que par instinct… maternel. Le repas sanguin qu’elles s’offrent est indispensable au respect du cycle gonotrophique : elles piquent (pas que l’homme, d’ailleurs) pour nourrir leurs œufs, puis les pondre.

Même si le moustique pique pour de nobles raisons, la manière n’est pas des plus classieuses. Comme un serial-killer pathologique, le moustique prend son temps pendant son délit (qui peut durer jusqu’à 3 minutes). Il nous plante sa trompe sous la peau, et pompe notre sang. Mais il le fait de manière chirurgicale : il injecte une salive autocoagulante en même temps, histoire que le sang reste bien liquide et ne se bouche pas dans sa trompe. C’est cette salive autocoagulante qui provoque, chez l’homme, mini-réaction allergique, douleur, démangeaison et bouton. Ce n’est pas tout : son chaud et copieux repas ingurgité, le moustique voit sa température corporelle interne exploser… Du coup, le mesquin décollera de notre épiderme non sans s’y être délesté d’une microgoutte de sang mélangé à de… l’urine. Histoire de voler léger, penaud, sans laisser son reste à madame Pipi.

La crainte des réveils boutonneux est… justifiée. Pourquoi ? Parce que le moustique a une vue exécrable. En revanche, il a un odorat extrêmement développé, qui lui permet de sentir un être humain jusqu’à 50 mètres. Ce sont le dioxyde de carbone (CO2), le sébum, l’acide lactique et l’ammoniac que nous rejetons en transpirant qui l’attirent. Or, transpirer, c’est une activité qu’on pratique intensément quand on… dort. Outre ses capteurs chimiques montés en série, le moustique est livré avec l’option détecteur de chaleur (de notre corps). Comme les nuits sont plus fraîches, nous clignotons, la nuit, sur ses détecteurs thermiques, comme les paupières d’un junkie en manque. Enfin, la nuit, nous sommes nettement moins… mobiles ! Pas folle, la guêpe.

Une femme enceinte expire 21 % de CO2 de plus que lorsqu’elle ne porte pas d’enfant. Une véritable invitation pour le moustique… Les personnes en surpoids, ainsi que les sportifs au métabolisme de base très développé, exsudant plus de facteurs incitants que les autres, sont également des cibles privilégiées.

Le cerveau est une machine formidable, mais qui peut être prise en défaut. Le grattage d’une piqûre de moustique en est un bel exemple. Alors qu’il est exact d’affirmer que gratter une piqûre ne fera qu’accentuer le traumatisme et la douleur, depuis des millénaires, la vilaine habitude se perpétue. Pourquoi ? Parce que le signal neuronal de démangeaison est tellement enquiquinant que le signal de douleur que le grattage provoque agit en quelque sorte comme un anesthésiant ou un calmant. Sauf que c’est un soulagement de quelques secondes… Et c’est le serpent qui se mord la queue.

Boire une mousse (ou plus) en soirée constituerait bel et bien un facteur favorisant les piqûres. Plusieurs études l’attestent… plus ou moins. Tantôt, le pourcentage d’atterrissages de moustiques sur la peau est plus élevé sur des personnes ayant consommé de l’alcool en soirée, tantôt il est démontré que l’haleine (donc l’odeur) contenant des traces de consommation d’alcool agirait comme un feu vert pour le moustique. Non qu’il soit accro à la brune ou la blonde, il n’est pas avéré que le moustique réagit à l’éthanol. Mais si le moustique sent l’alcool, il associerait automatiquement sommeil plus profond, donc cible plus facile. Dis, moustique, tu Bobbes ?

Une éude affirme que le moustique serait 5 fois plus actif les nuits de pleine lune… Son petit côté garoument vôtre.

Le moustique s’entend (600 battements d’aile, trois fois plus qu’une mouche, d’où l’insupportable bzzzzz, pire qu’un album de Christophe Maé coincé en boucle dans l’autoradio), se voit, mais ne se sent pas sur la peau : il ne pèse que 2 microgrammes ! Quant à la piqûre en elle-même, c’est au mieux un itsy bitsy tini ouini chatouillement imperceptible qu’elle provoque. La douleur, c’est pour plus tard…

A.Ca.