Santé Le SPF Santé publique enquêtera sur la toxicité des serviettes hygiéniques et autres protections intimes en 2018.

Le SPF Santé publique enquêtera sur la toxicité des serviettes hygiéniques et autres protections intimes en 2018. Un documentaire, diffusé le 25 avril dernier sur France 5, fait grand bruit. Intitulée Tampon, notre ennemi intime, l’enquête démontre la présence de phtalates dans les tampons hygiéniques. Potentiellement toxique, cette protection intime est pourtant une des préférées des femmes en période de règles. Or, les tampons pourraient être responsables du syndrome du choc toxique.

Contacté, le SPF Santé publique explique qu’il est prévu de longue date d’analyser les composants des tampons hygiéniques. "C’est prévu depuis longtemps", précise Vinciane Charlier, porte-parole du SPF Santé publique. "Nous le ferons en 2018. Ce sont des enquêtes qui prennent du temps et demandent beaucoup de moyens. À l’issue de cette analyse, nous étudierons la toxicité potentielle de ces composants."

En Belgique , les syndromes du choc toxique sont peu nombreux. "Il existe peu de données sur le type de tampon à éviter ou sur le profil de femmes qui y seraient plus sensibles puisque le nombre de cas est rare. Tout ce que l’on sait, c’est que ce syndrome est provoqué par une bactérie qui est entrée dans la circulation sanguine via un corps étranger", détaille le Dr Jean-Luc Squifflet, chirurgien-gynécologue aux cliniques universitaires Saint-Luc. "Le tampon pourrait être une des portes d’entrée de ce staphylocoque. Il est parfois évoqué, mais cela reste excessivement rare. La Moon Cup, ces petites coupes biologiques à utiliser pendant les règles, pourrait aussi être responsable de choc sceptique. Tout corps étranger pourrait être la porte d’entrée à ce type de problème. L’infection au staphylocoque doré est malheureusement une réalité en milieu hospitalier aussi. Beaucoup de personnes sont porteuses de la bactérie. Elles l’ont sur la peau, près des muqueuses mais ne développent pas toujours l’infection. Il faut que ça passe par le sang, comme lors de la pose d’un cathéter…"

La brutalité de ces infections impressionne. "Cela provoque une forte fièvre, des vomissements, des diarrhées, des douleurs musculaires, des étourdissements… La dégradation est rapide. L’infection gagne rapidement du terrain. Cela nécessite parfois un passage aux soins intensifs", ajoute le spécialiste. "Le syndrome du choc toxique peut parfois entraîner le décès."

Le conseil du spécialiste: "changer régulièrement de protection intime".

Le contenu des langes passé au crible

"Actuellement, nous menons une enquête concernant les substances toxiques contenues dans les langes pour bébé", explique Vinciane Charlier, porte-parole du SPF Santé Publique.

L’étude, menée par des experts, est longue et coûteuse. Elle devrait déboucher sur une seconde phase. Après avoir établi la liste des substances potentiellement toxiques et dangereuses auxquelles les fabricants exposent les nourrissons, le SPF Santé publique devrait "étudier la toxicité réelle et le degré de danger", poursuit la porte-parole.

Et "si les experts de santé publique détectent un réel souci pour la santé, des mesures seront prises rapidement."

L’enquête est en cours. "On espère avoir les résultats pour la fin d’année."