Santé Une motion a été déposée sur le remboursement des immunoglobulines.

Trop chères, les immunoglobulines ? Ce traitement permet de soigner des malades dont le système immunitaire est affaibli. Mais entre 2007 et 2015, le budget de la sécurité sociale pour ce traitement est passé de 31 à 79 millions d’euros. Soit une augmentation de 255 % en huit ans.

En avril, la commission de remboursement des médicaments de l’Inami décidait que les immunoglobulines ne seraient plus remboursées dans certains cas. Dans notre édition d’hier, nous vous rapportions le témoignage de Marie-Pascale Quévy. Cette Boussutoise de 54 ans, atteinte du syndrome d’immunodéficience acquise, ne sera plus remboursée du traitement qu’elle suit depuis dix ans. Elle devrait donc débourser plus de 1.700 euros par mois pour se soigner. Dans l’impossibilité de couvrir de telles dépenses, Marie-Pascale Quévy se sent condamnée.

Hier, en commission parlementaire, la députée CDH Catherine Fonck a interpellé la ministre de la Santé Maggie De Block. "J’ai été touchée par le cas de Marie-Pascale Quévy. D’autant plus que j’avais déjà été contactée par d’autres personnes dans des situations relativement similaires", indique la députée.

Pour Catherine Fonck , l’argent ne peut pas passer avant la santé. "La ministre De Block se base sur des considérations budgétaires, poursuit la députée. Il y a eu effectivement une augmentation importante. Mais avant de prendre des décisions drastiques, il faudrait s’interroger sur les raisons d’une telle augmentation. S’il y a peut-être eu des abus dans la prescription, il est également possible que de plus en plus de patients aient eu besoin de ce type de traitement."

La députée a donc déposé une proposition de motion qui sera votée par la Chambre jeudi prochain. "Il faut analyser les raisons de l’augmentation du budget. Ensuite, il faut introduire la possibilité de remboursement sur base de l’analyse du dossier médical par le médecin-conseil et les médecins spécialisés en immunodéficience. Au cas par cas, donc. Enfin, il faut prévoir un temps d’adaptation plus long, car il y a eu un manque d’information sur le sujet."

De son côté , Marie-Pascale Quévy reste suspendue au vote de la motion qui interviendra jeudi prochain. "Après la parution de l’article, j’ai été contactée par une dame qui est dans la même situation que moi. Je me sens moins seule. Mais j’espère d’autant plus que les députés feront le bon choix. Des vies sont en jeu."