Santé Un trouble mécanique sexuel masculin peut cacher une pathologie cardio-vasculaire.

La dysfonction érectile est encore un sujet tabou. Si en parler avec son ou sa partenaire est aisé, le fait de devoir se dévoiler et en parler ouvertement avec son médecin reste un tabou. Or, il existe des solutions. Et, parfois, des troubles de l’érection peuvent être liés à la prise d’un médicament ou trahir certaines pathologies cardio-vasculaires insoupçonnées jusque-là.

Des études scientifiques en attestent : les hommes qui souffrent de difficultés sexuelles ont un risque élevé d’être hospitalisés pour un trouble cardiaque. Et ce, même s’il n’y avait aucun signe avant-coureur de pathologie cardio-vasculaire.

"À 41 ans, je ne pouvais plus avoir d’érection", nous explique François. "Je me sentais mal dans mon enveloppe corporelle masculine. Honteux et sans doute espérant que cela revienne naturellement, j’avais retardé l’échéance avant d’aller consulter un sexologue qui m’a suggéré d’aller faire un check-up avec mon médecin traitant. Et ce trouble érectile était un mal pour un bien ! On m’a découvert quelques anomalies au niveau du cœur et une hypertension. Hormis ma fatigue et mon pénis en berne, rien ne m’avait mis la puce à l’oreille. Aujourd’hui, tout est sous contrôle et j’ai retrouvé ma vigueur d’antan sur le plan sexuel."

Willy Kostucki, cardiologue à la Clinique Antoine Depage à Bruxelles, pense que tout homme présentant un trouble de l’érection devrait consulter un spécialiste du cœur. Il détaille, sur le site de la clinique : "Les artères du pénis ont un calibre un peu plus petit que les artères coronaires, celles qui irriguent le muscle cardiaque lui-même, responsables de l’angine de poitrine quand elles se rétrécissent et de l’infarctus quand elles se bouchent. C’est donc logique de penser que dans le cadre d’une maladie artérielle globale, le pénis va s’exprimer avant le cœur. De fait assez souvent les dysfonctions de l’érection précèdent l’apparition des maladies cardiaques. C’est pourquoi tout bon cardiologue doit poser cette question à ses patients mâles, cela lui donne une indication du risque cardiovasculaire. Autrement dit tout patient présentant une maladie cardiovasculaire devrait avoir une investigation sexologique. C’est malheureusement loin d’être le cas. Bien entendu la sexualité est plus complexe qu’une simple question de tuyauterie, mais quand la tuyauterie est bouchée le mécanisme hydraulique de l’érection ne pourra pas se faire. Autrement dit tout patient présentant un trouble de l’érection devrait avoir un bilan cardio-vasculaire complet. C’est aussi loin d’être le cas."