Santé La pose du mesh par voie vaginale est risquée... La Grande-Bretagne envisage de bannir cette opération qui a pour but d’éviter la descente d’organes.

Le prolapsus est souvent méconnu sous son appellation médicale. Les femmes ménopausées (principales patientes pour ces cas) connaissent la descente d’organe s. Les organes du bassin sont maintenus en place par un ensemble de muscles, de ligaments et de fibres. Il arrive que certains organes (vessie, urètre, intestin...) ne soient plus soutenus et... descendent. "Une hernie, autrement dit une boule, se forme alors dans le vagin ou l’anus et provoque, à des degrés divers, un certain inconfort." Pour le professeur Jean-Luc Squifflet, chef de clinique et gynécologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc, il n’y a "aucune urgence à traiter ces prolapsus". Mais l’inconfort permanent pousse certaines femmes à avoir recours à un traitement chirurgical.

Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE), en Grande-Bretagne, vient d’émettre un avis négatif sur le mesh que l’on place par voie vaginale pour retenir ces organes. "Cela devrait être interdit dans le traitement de la descente des organes en Angleterre, indiquent les experts. Cela devrait être utilisé uniquement pour la recherche, pas pour des opérations de routine."

Chez nous, la pratique existe toujours. Le Pr Squifflet explique que la polémique "médicale existe depuis longtemps. Ce qui est remis en question, c’est la pose de mesh par voie vaginale. Pour poser ce mesh, il faut ouvrir le vagin, placer le mesh et refermer le vagin. Le problème le plus important est l’érosion. Le vagin ne se referme pas complètement. Il y a des risques d’infection, de douleurs, de perforation de certains organes... La FDA (Food and Drug Administration, l’administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments, NdlR) a arrêté la mise sur le marché de certains types de mesh."

En Belgique, la position est autre. "En Belgique, la pose de mesh par voie vaginale peut être remboursée à condition d’encoder les cas" , précise le spécialiste qui souligne que par laparotomie (ou laparoscopie), il est possible de placer un filet également. "On le place devant la vessie et derrière le gros intestin. Il n’y a pas de risque d’érosion, d’infection, de douleurs ou de cicatrices au niveau du vagin qui réveillent certaines douleurs", ajoute-t-il.