Santé 8 médecins sur 10 auraient été victimes de violence. Une brochure pour leur sécurité a été éditée.

Durant le 1er semestre de 2017, 503 plaintes pour vols et extorsions ont été déposées par des médecins, pharmaciens et dentistes. Selon les statistiques dévoilées par la police fédérale, durant les six premiers mois de l’année, trente infractions contre l’intégrité physique des spécialistes de la santé ont été constatées.

Le 1er décembre 2015, le Dr Patrik Roelandt a été tué par un patient alors qu’il effectuait une visite à domicile. Le procès a débuté le 4 décembre, sans le prévenu, Danny S. Pour l’Association belge des syndicats médicaux (Absym), "c’est l’occasion de plaider en faveur d’une approche plus structurée de la violence à l’encontre des médecins et des autres prestataires de soins."

L’ouverture de ce procès correspond à la date de lancement d’une brochure à destination des médecins généralistes éditée par le SPF Intérieur sur besafe.be. La brochure intitulée Une pratique médicale sûre a été conçue par le FAMGB et FAGW, la Fédération des associations de MG de Charleroi, le GBO, l’Ordre des médecins et la fédération flamande Domus Medica.

Ce document fait 25 pages. Celles-ci sont consacrées à la sécurité du médecin généraliste. "Ce manuel de sécurité est destiné à communiquer des conseils pratiques dans le cadre de vos différentes activités médicales, tant au niveau du cabinet médical que lors de vos déplacements", lit-on.

De nombreux conseils y figurent. Parmi ceux-ci, on retrouve : "Ne faites pas passer votre devoir professionnel avant votre propre sécurité"; "Placez-vous dans un angle de 45° par rapport à l’agresseur. Votre position corporelle indique ainsi que vous êtes prêt à collaborer" ou encore "Placez éventuellement un miroir de sécurité convexe en cas d’angle mort dans le hall". Des conseils pour éviter des vols et des dégâts matériels y figurent aussi.

Pour les médecins, cette brochure est déjà un pas en avant, mais cela ne suffit pas. "On ne peut pas assurer notre sécurité sur base d’une brochure", regrette un généraliste carolorégien interrogé. "On peut s’approprier quelques conseils, adapter notre cabinet. Mais la sécurité, dans certaines zones, reste un problème. On ne peut pas ausculter les patients derrière un bureau, avec une porte de sortie de secours en cas de problème… Mais on ne peut pas non plus exercer dans la crainte. Il faut trouver un juste milieu."