Santé L‘épidémie en Australie a été "virulente" et pourrait bien l’être en Belgique.

À l’heure actuelle, il est impossible de prédire quand la grippe fera son arrivée en Belgique. "Il est impossible de prédire exactement quand commencera la prochaine saison grippale, quelle souche de la grippe dominera, ni quelle sera la gravité de l’épidémie", déplore le Pr Marc Van Ranst, épidémiologiste et virologue à la KULeuven. "L’activité grippale dans l’hémisphère sud donne cependant parfois une indication de ce qui nous attend dans l’hémisphère nord. L’Australie a eu affaire à une saison grippale virulente, avec une prédominance des souches influenza A/H3N2 (70 %) et influenza B/Yamagata, une variante qu’on ne retrouve pas dans le vaccin trivalent cette année. Sur la base des données disponibles en février, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a plutôt opté pour la souche B/Victoria, mais la souche Yamagata se retrouve bien dans le vaccin quadrivalent."

Il est donc temps, pour les groupes à risque (malades chroniques, plus de 65 ans, femmes enceintes…) de songer à se faire vacciner contre la grippe. Or, on constate que trop peu de personnes issues du groupe cible se vaccinent. "La recommandation de l’European Center for Disease prevention and control (ECDC) préconise une couverture vaccinale de 75 % de la population à risque. En Belgique, les derniers chiffres font état de 44 % des personnes à risque vaccinées. On est loin des recommandations !", déplore le Dr Aurore Girard, médecin généraliste à Schaerbeek.

Et cela peut avoir de nombreuses répercussions : hospitalisations, traitements de longue durée, mortalité. "Un Belge sur douze souffre de diabète. La maladie chronique augmente les risques de grippe et de ses complications (six fois plus de risque d’hospitalisation, trois fois plus de risque de mortalité)", indique le Pr Ann Mertens, endocrinologue à l’UZ Leuven.

Pour cette année, il n’est pas trop tard. Les personnes peuvent songer à la vaccination. "La bonne période pour se faire vacciner contre la grippe est à partir de mi-octobre ", explique le Dr Aurore Girard, médecin généraliste. "Jusqu’à fin novembre. Il n’y a rien qui semble dire que la grippe viendra plus tôt."

Tout le monde peut choisir de se faire vacciner. " Les patients peuvent toujours entamer une discussion avec leur généraliste et voir si ça peut avoir un intérêt."

Selon le médecin, le vaccin contre la grippe souffre d’idées fausses. "À ceux qui disent que le vaccin ne sert à rien, je réponds qu’il n’est inefficace que lorsque la souche du virus n’est pas couverte par le vaccin."