Sexualité La vente des produits de massage a grimpé de 50 % en trois ans. Les clients privilégient désormais la qualité et le conseil.

Organisée depuis huit ans par la société Softlove, la chasse aux sextoys connaît un succès grandissant. Déjà 1.900 inscrits cette année, des amateurs venant en bus d’Allemagne et d’Italie et, petite nouveauté, de la place pour 200 hommes. À condition qu’ils soient déguisés en femmes et qu’ils ne partent à la chasse que 45 minutes après les femmes. Pour info, 500 lots seront enterrés dans le champ de Wépion.

Ce succès est à l’image du marché du sextoy - ou jouet pour adulte - et ses dérivés en Belgique. Un(e) Belge sur trois consomme au moins un produit érotique, que ce soit un jouet, un lubrifiant, des cosmétiques ou de la lingerie. "En 2014, le chiffre d’affaires moyen d’une soirée Tupperware était de 475 €. Il est aujourd’hui de 630 €", commente le fondateur de la société Softlove Nicolas Bustin.

D’après lui, l’approche des Belges vis-à-vis du sextoy a également profondément évolué depuis deux/trois ans. Outre l’évolution technologique (le sextoy commandé par son smartphone connaît un succès fulgurant), c’est surtout l’approche du client vis-à-vis d’un sujet parfois tabou qui a changé. "Avant, on faisait l’amour comme on allait au fast-food. Aujourd’hui, les gens veulent prendre plus de temps pour eux, pour leur plaisir."

Oublié le quicky, l’achat compulsif; place aux massages, au produit sain et de qualité. "Le secteur des produits de massage a ainsi grimpé de 50 % en trois ans. Nous avons aussi une énorme demande pour la lingerie. En deux mots, les gens privilégient désormais la qualité et le conseil fiable. Ils achètent donc moins souvent mais des produits de meilleure qualité". Les ventes via le web se tassent d’ailleurs de façon significative : -6,4 % pour l’ensemble de la Belgique.

Même le secteur médical se prend au jeu. "Des sexologues, des gynécologues, des kinés nous achètent des boules de Geisha pour remuscler le périnée de leurs patientes qui viennent d’accoucher. Cet objet est d’ailleurs remboursé par la sécurité sociale en France. Pas chez nous." Dommage…

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Le danger des produits bas de gamme

L’an passé, la plate-forme safetytoys.org a recensé 45 plaintes pour des problèmes sanitaires ou des accidents avec des sextoys. Cela correspond à 10 % de l’ensemble des signalements reçus par cet organisme dont l’objet premier est le "contrôle la qualité dans les jouets pour adultes", dixit le site web. Il s’agit, pour l’heure, du seul organisme s’inquiétant de la qualité des sextoys en Belgique. "Il n’existe aucun règlement, aucun organe officiel capable de tester la qualité des jouets pour adultes vendus sur le marché belge", déplore Nicolas Bustin. "À tel point que les douanes m’ont déjà appelé en urgence pour estimer la qualité d’une cargaison venant de l’étranger !" Or, on tombe très facilement sur des produits très bas de gamme voire dangereux pour la santé. Principaux soucis : la composition de l’objet et la piètre qualité des batteries. Certains produits sont composés, non pas de silicone, mais de plastique et d’huile, jusqu’à 60 %… Sur les batteries, certaines surchauffent voire explosent carrément en plein effort. Un peu comme les smartphones. Il arrive aussi que le cordon d’un petit œuf se casse, impossible donc de retirer l’œuf du vagin…


Soft Love cherche une testeuse de sextoys

La société Soft Love embauche une testeuse de sextoys et autres accessoires érotiques. L’annonce, qui paraîtra officiellement sur le site de la société dans un mois environ, n’a rien d’une blague de potache. Salaire : environ 1.400 euros par mois, le temps d’un CDD allant d’un mois à un an. Job description : "tester les nouvelles collections de lingerie, les nouveaux produits de massage et nouveaux sextoys commercialisés par notre société l’année prochaine. Il s’agit plus d’une ambassadrice que d’une simple testeuse. La personne retenue devra faire rapport sur les produits, rencontrer les producteurs, des sexologues, les associations en charge de la sécurité des produits, etc.", détaille le fondateur de Soft Love Nicolas Bustin. La dernière annonce du genre date de 2012. Elle avait connu un succès certain. "Nous avions reçu 3.700 demandes en cinq jours", se souvient Nicolas Bustin. "Depuis cinq ans, nous recevons une centaine de candidatures spontanées par semaine…"