Sexualité La bisexualité - quand une personne nous attire sexuellement, quel que soit son genre - est souvent mal perçue.

"Pratique sexuelle indifféremment homosexuelle ou hétérosexuelle." La définition du terme bisexualité par le Petit Larousse illustré s’apparente à celle avancée par Sabrina Bauwens, sexologue liégeoise. "La bisexualité, c’est avant tout une question d’attirance sexuelle et sensuelle", dit-elle. "La personne nous attire, quel que soit son sexe." Elle précise toutefois que "c’est une question de sexualité, pas toujours d’amour. Même si l’histoire d’amour peut rendre l’histoire plus jolie."

Cette attirance n’est pas que l’apanage de la jeunesse qui veut "tout essayer" et parfois "provoquer". Au contraire. "Cela peut se présenter n’importe quand", ajoute Sabrina Bauwens. "De nombreux bisexuels se sont mis en couple avec une personne de l’autre sexe que leur ex-partenaire après la rupture. Ils vivent une histoire sans entrer dans un trio intenable."

Il est difficile de tirer des généralités sur cette sexualité et cette attirance pour des personnes des deux sexes. " Les personnes sont très mal informées de ce que c’est. Ce n’est pas une maladie et ce n’est pas manger aux deux râteliers, comme le laissent supposer certains groupes homosexuels ou hétérosexuels sectaires. Il faut aussi différencier l’homosexualité refoulée de cette bisexualité. On a commencé à parler de bisexualité après avoir accepté de parler de l’homosexualité."

De nombreuses stars ont fait leur coming-out bisexuel, comme Miley Cyrus, Amber Heard, le chanteur Billie Joe Armstrong, Angelina Jolie ou Drew Barrymore. "Pour les célébrités, je pense que c’est un argument de marketing, pour avoir un public de plus en plus large et jeune" , poursuit la sexologue. "Il y en a pour qui c’est avéré. Mais je pense que ces stars peuvent aider les personnes qui sont dans le questionnement, dans la mesure où, aujourd’hui, peu importe ce qu’on en pense, les stars de la télé sont parfois de références."

Accepter sa bisexualité n’est pas chose aisée. Il faut d’abord combattre les préjugés. Ses préjugés imprégnés "de la culture et de l’éducation. C’est un poids. Instinctivement, certains vont refouler leur attirance pour la personne du même sexe. L’homme reste toujours un peu macho dans son rapport à la virilité et il lui sera plus difficile d’avouer et de s’avouer sa bisexualité. Alors qu’avant, à l’ère greco-romaine, il n’y avait aucun problème."

Ce poids de la culture (souvent imprégnée de morale chrétienne) est aussi une barrière pour les proches de la personne qui se découvre bisexuelle. Et parfois pour la personne qui l’attire. "Il faut que les deux personnes soient à l’aise avec la question de la bisexualité."