Sexualité

Florilège des questions les plus récurrentes autour de ce thème...

À qui je m’adresse ?

Avant tout à un chirurgien qualifié en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, inscrit à l’Ordre des médecins. Le conseil est un peu formel, mais il vous garantit que le chirurgien est en règle. “C’est un peu pénible, mais on est obligée de faire confiance à son chirurgien. Une fois au bloc, c’est lui décide”, reconnaît le Dr Sarra Mazouz-Dorval, chirurgienne. “Sans recommandation de son médecin généraliste ou de son gynécologue, ni bouche-à-oreille, c’est très difficile de savoir si tel médecin opère mieux qu’un autre.” En dehors de l’aspect technique, le feeling doit être bon, vous le trouvez humain, vous appréciez son écoute.

Avant ou après une grossesse ?

La grossesse modifie les seins, qu’ils soient naturels ou refaits. “Certaines jeunes femmes, très complexées par leurs gros seins ou une malformation, voudront être opérées avant. Mais pour une opération d’embellissement, il vaut mieux attendre d’avoir eu ses enfants, car nous ne savons pas comment évolueront les seins lors d’une grossesse. Ils peuvent grossir, perdre du volume, s’affaisser” , conseille Sarra Mazouz-Dorval.

Dans le public ou dans le privé ?

Ce n’est pas parce que l’opération est moins chère qu’elle sera moins bien faite et inversement. “Moi, je voudrais quelqu’un qui m’explique les tenants et les aboutissants de l’opération, qui prenne un peu de temps pour me parler de ses éventuelles complications et de ce qui va se passer après, qui réponde à mes questions et s’adapte à ce que j’ai envie de savoir”, témoigne le D r Mazouz-Dorval. “ Qui me parle aussi de ce qui pourrait être source de déception après l’opération. Par exemple, une prothèse est toujours palpable et elle se modifie avec le temps, c’est inéluctable. Elle peut bouger, faire des vagues. C’est rare, mais il faut le dire !”

Dans quels délais ?

Pour toute intervention esthétique, un délai de 15 jours minimum est obligatoire entre le moment où le chirurgien remet son devis et l’opération. Bon à savoir : la nicotine compromet la cicatrisation, et il est vivement conseillé d’arrêter de fumer six semaines avant et six semaines après l’opération. Même chose en ce qui concerne les substituts nicotiniques et la cigarette électronique.

À partir de quel âge ?

Il suffit d’avoir terminé sa croissance et d’avoir un poids relativement stable. “Il est préférable d’éviter les variations pondérales de plus de 5 kilos pour obtenir un joli résultat. Ce qu’il faut surtout dire à toutes les femmes, c’est que plus elles vieillissent, mieux elles cicatriseront !” , souligne la chirurgienne. En fait, la maturité de la demande compte plus que l’âge. Il faut surtout être sûre de son choix : cette opération, la faites-vous vraiment pour vous ? Qu’en attendez-vous vraiment ?

Avant ou après l’allaitement ?

On peut avoir des prothèses mammaires à l’âge de 18 ans et allaiter sans problème, mais aucun chirurgien ne peut vous garantir que vous allaiterez sans aucun souci ! “On ne sait même pas si une femme pourra allaiter alors qu’elle n’a pas été opérée !” relève la chirurgienne. “Certaines techniques chirurgicales coupent les canaux galactophores et compromettent les possibilités d’allaitement.” Enfin, comme la grossesse, l’allaitement modifie la poitrine.

Et après un cancer ?

Les contraintes sont plus nombreuses quand il s’agit d’une reconstruction après un cancer du sein. "Celle-ci ne peut pas être immédiate si des cellules cancéreuses sont détectées dans le ganglion sentinelle. De plus, elle ne peut s’envisager qu’après la radiothérapie si une prothèse est placée, car les rayons augmentent le risque de coques et d’infection. De toute façon, les rayons abîment toujours un peu la peau" , prévient le Dr Anne Thoury. "Nous conseillons d’attendre un an après la fin du dernier traitement, et minimum six mois après la radiothérapie afin de ne pas compromettre le résultat", ajoute le Dr Mazouz-Dorval. "La femme doit aussi se sentir suffisamment en forme, physiquement et psychologiquement, car une reconstruction mammaire demande au minimum deux ou trois interventions. Elle doit aussi savoir qu’une reconstruction, c’est un nouveau sein, ce n’est pas celui d’avant, et c’est à nous de l’expliquer à la patiente."

Et si je ne veux pas de prothèses ?

Certaines femmes n’acceptent pas l’idée d’avoir un corps étranger qui va rester des années à l’intérieur de leur corps. Les injections de leur propre graisse ne présentent pas cet inconvénient. Elles permettent d’augmenter la taille de ses seins de façon modérée (cela dépend de la quantité de graisse que le médecin peut prélever), de corriger des malformations, ou de modeler une reconstruction. Le résultat est plus naturel, les seins bougent avec vous, mais c’est contraignant car il faut plusieurs injections.