Sexualité Jeu coquin solitaire, exploration intime... : l’onanisme n’est pas un plaisir à renier. D’autant que si l’on s’y abandonne parfois, on apprend à mieux connaître son corps et on accède mieux au plaisir !


La masturbation joue-t-elle un rôle sur l’orgasme?

Sabrina Bauwens est catégorique : “Plus on connaît son corps et son fonctionnement, plus on sait ce dont on a besoin pour se donner du plaisir. Le clitoris est une zone hypersensible chez toutes les femmes, mais il ne se manipule pas de la même manière chez chacune. Il faut savoir comment l’aborder pour ne pas que la caresse soit douloureuse ou gênante. Il est aussi plus qu’intéressant qu’une jeune fille découvre son vagin, visuellement avec un miroir par exemple mais aussi avec ses doigts. Le vagin est malheureusement encore vu pour la plupart des femmes comme un endroit sale (odeur, sécrétion, menstruation... ), inconnu, voire interdit. Alors que, lors des relations sexuelles, c’est bien le vagin qui va être visité. Il faut l’apprivoiser, apprendre à le détendre et à sentir comment il réagit lors de l’excitation. Trop de jeunes filles vivent leur première relation sexuelle comme une expérience douloureuse à cause du manque de connaissance de son fonctionnement. La douleur remplace les sensations de bien-être et l’orgasme. La masturbation aide aussi les jeunes garçons à contrôler leur désir/excitation pour leur permettre de gagner du temps lors de la pénétration. Attention, il faut malgré tout que la masturbation ne se transforme pas en acte compulsif, je rencontre de plus en plus de jeunes hommes qui se masturbent plus de 4 ou 5 fois par jour et n’arrivent plus à s’en passer. Comme toute chose, la boulimie de masturbation n’est pas bonne pour la santé psychologique et sexuelle de la personne. C’est aussi valable pour un garçon qui va prendre l’habitude de se masturber vite et jeune, plus il prend le risque de souffrir d’éjaculation rapide.”


Qui se donne du plaisir?

Sabrina Bauwens déplore le manque “ de chiffres officiels sur le sujet”. Elle explique cependant que “les garçons se masturbent plus et plus jeunes. L’acte masturbatoire arrive vite chez eux, dès l’enfance. À cet âge-là, ils ne savent pas encore ce qu’ils font, l’érection est naturelle et automatique pour le bon fonctionnement du corps. L’enfant joue avec son pénis et découvre le plaisir qui l’accompagne. Un organe extérieur (en comparaison avec le vagin qui est intérieur ) qui se redresse tout seul donne envie de jouer. L’enfant n’a aucune notion de masturbation, il n’y a rien de sexuel. La petite fille peut aussi découvrir tôt le plaisir de jouer avec son clitoris en se frottant sur une peluche ou autre support. Il n’y a aucune exploration de l’intérieur de vagin . Les parents doivent faire attention de ne pas perturber leur enfant en les réprimandant sur leur acte (“ ne touche pas, c’est sale”...). Il faut plutôt leur apprendre que c’est un geste personnel qu’il faut faire dans l’intimité de sa chambre. L’enfant ne va pas devenir un pervers si il se caresse régulièrement, c’est totalement naturel pour lui et fait partie de la découverte de son corps, de ses 5 sens. Le plaisir fait partie intégrante de sa vie et évolution. À l’adolescence, le jeune homme a aussi une tendance à se masturber plus qu’une jeune fille. Leur excitation est plus rapide (souvent augmenté par la pornographie d’Internet). L’acte masturbatoire est souvent pratiqué pour calmer l’esprit le soir et aider à s’endormir. Le plaisir est au rendez vous presque à chaque fois et la caresse est souvent rapide par peur de se faire surprendre par les parents dans la chambre. L’exploration de la zone érogène de la jeune fille est plus difficile, il faut du temps, des caresses bien précises, et c’est souvent au niveau du clitoris, peu, voire pas au niveau du vagin.”


Onanisme au féminin

Les hommes ont plus de contact avec leur sexe que les femmes, c’est ce qui ressort des constatations de la sexologue. “Des femmes que je rencontre lors de mes consultations, quatre sur cinq avouent ne jamais se masturber, qu’elles soient en couple ou célibataires. Beaucoup me disent qu’elles ne ressentent aucun besoin, que pour elles se sont les femmes obsédées par le sexe qui pratiquent la masturbation. Malgré la vague de vente à domicile de sextoys qui facilite la découverte de son corps et de l’orgasme, un grand nombre de femmes achètent des jouets érotiques mais avouent ne jamais les utiliser. C’est ce que j’ai nommé le syndrome de la table de nuit: le jouet reste dans le tiroir, bien propre dans son emballage.”