Sexualité

"Je peux prendre un comprimé dans cinq jours". FAUX. Plus la pilule sera prise tôt après un rapport à risque, plus elle sera efficace. Elle doit être avalée au maximum dans les 72 heures qui suivent un rapport sexuel à risque.

"La pilule du lendemain me rendra stérile". FAUX. Selon l’OMS, l’utilisation de cette contraception d’urgence est sans risque connu pour la santé.

"Elle me protégera encore lors de mon prochain rapport". FAUX. Il s’agit d’une méthode de rattrapage qui ne protège pas lors des rapports sexuels suivants. Elle ne doit cependant être utilisée que de manière exceptionnelle.

"Je dois être majeure pour aller la chercher en pharmacie". FAUX. Accessible sans ordonnance, elle coûte moins de dix euros. Si vous avez moins de 21 ans, elle vous sera remboursée intégralement sur prescription médicale. Vous pouvez également vous la procurer gratuitement en centre de planning familial.


"La pilule du lendemain provoque un avortement"

C’est ce que pense à tort près d’une femme sur quatre en Belgique.

La pilule du lendemain, méthode contraceptive de secours, reste un mystère pour de nombreuses femmes. Un mystère si épais qu’elles assimilent la prise de ce contraceptif d’urgence à une interruption de grossesse. C’est le résultat d’une enquête menée auprès de 510 femmes âgées de 15 à 45 ans. "La contraception d’urgence se retrouve face à une barrière psychologique : trop de femmes pensent que la pilule du lendemain provoque un avortement", atteste le Dr. Merckx, chef du service de gynécologie à l’AZ Jan Portaels.

En effet, une femme sur 4 pense que la pilule du lendemain altère et expulse l’ovule ou l’embryon en provoquant les règles. Et considèrent donc que la prise de ce contraceptif est une procédure d’avortement. Un jeune sur trois âgé de 15 à 25 ans pense la même chose.

Rien n’est plus faux : la seule fonction de la pilule du lendemain, c’est de bloquer ou retarder l’ovulation après un rapport sexuel non ou mal protégé, pour empêcher une fécondation.

75 % des femmes de moins de 35 ans ont déjà pris la pilule du lendemain au moins une fois dans leur vie. Parmi elles, 40 % ont entre 15 et 25 ans… Et une sur deux avoue ignorer son mode de fonctionnement. "La plupart des femmes sous-estiment leur risque de grossesse dans notre pays. Le système reproducteur, la contraception et la contraception d’urgence sont autant de sujets encore souvent mal connus", continue le Dr. Merckx.

Derniers chiffres mis en évidence par cette étude : pour la majorité des femmes, le pharmacien est la première source d’information. 65 % d’entre elles se tournent d’ailleurs vers ce dernier, loin devant le médecin de famille (26 %) ou le gynécologue (10 %).