Sexualité Les maladies sexuellement transmissibles sont de retour alors que certaines avaient pratiquement disparu. Elles touchent aujourd’hui un public mal informé.

Syphilis, le grand retour

La maladie est due à une bactérie, le tréponème pâle. Le premier symptôme est un chancre, une petite plaie qui apparaît sur la peau ou les muqueuses. À la longue, la syphilis peut avoir de graves conséquences sur le plan neurologique. Le tréponème reste sensible à la pénicilline-retard (une seule injection intramusculaire peut suffire), mais des ruptures d’approvisionnement ont sérieusement compliqué la tâche des médecins. Le problème semble aujourd’hui résolu.

Les chlamydias, un risque d'infertilité

Cette infection très fréquente se manifeste par des pertes vaginales chez les femmes et un écoulement chez les hommes. Mais parfois, il n’y a aucun symptôme visible. La bactérie, qui se transmet par voie vaginale, anale ou orale, est mise en évidence par une analyse d’urine ou un prélèvement local. Il est très important de la dépister car la maladie est une des principales causes d’infertilité. Des antibiotiques (azithromycine et doxycycline) permettent de s’en débarrasser. Les échecs de traitement sont rares.

La LGV, une maladie émergente

La lymphogranulomatose vénérienne (LGV) fait son retour depuis 2003, alors qu’elle "avait disparu depuis longtemps" , selon le Pr Janier. "C’est une infection à chlamydia, mais plus méchante et plus agressive car la bactérie traverse la muqueuse et pénètre en profondeur" , explique-t-il. Le bouton, qui apparaît sur les organes génitaux ou l’anus, évolue ensuite en ulcération. Le traitement est plus long que la chlamydiose classique : antibiotiques pendant trois semaines.

La gonorhée, de plus en plus résistante

On l’appelle également "chaude pisse" car elle se caractérise par des écoulements au niveau génital et des brûlures en urinant. La bactérie, un gonocoque, se transmet facilement y compris par voie orale. Chez la femme, l’infection peut toucher les trompes de Fallope, ce qui est une cause d’infertilité. Les antibiotiques sont efficaces, mais des souches résistantes de gonocoques commencent à poser problème.