Sexualité

Acheter un sextoy en librairie (lire ci-dessous), au vu et au su de tous, ne constitue plus une gêne ou un quelconque malaise vis-à-vis des anonymes qui font la file dans ladite librairie.

Aujourd’hui, la sexualité épanouie passe aussi par le jeu et les accessoires érotiques. C’est assumé. "Les gens osent acheter plus facilement, c’est vrai , indique-t-on chez Soft Love. Mais les clients sont plus exigeants aussi. Ils cherchent de la qualité, du bon produit qui leur donnera du plaisir. Ils veulent briser des tabous. Ils achètent des produits qui vont satisfaire leurs désirs, leurs envies, qui vont satisfaire le couple… Ils se fichent de plus en plus du regard des autres."

Force est de constater que le goût en matière de gadgets coquins a changé ces dernières années. Nicolas Bustin, fondateur de Soft Love, confirme : "La tendance a fort évolué. Le client commence à se libérer plus. Il va vraiment vers une gamme sado-masochiste (SM), vers des liens d’attachement, des perruques, des menottes et ligatures, des fouets… La tendance va vers le hard. Les gens entrent aujourd’hui dans un univers de plaisir et pas dans un univers de fantasme comme c’était le cas il y a quelques années. Et ils en veulent plus encore. Selon notre étude annuelle auprès de 100 clients, 75 % d’entre eux souhaitent une gamme plus hard."

Sels de bain aromatisés, crèmes stimulantes... Les produits qui concernent le soin du corps font un tabac aussi, d’après le directeur de l’enseigne de démonstration de sextoys basée à Wépion.

Il y a également une hausse de la clientèle masculine. "En 2014-2015, entre 5 et 7 % des hommes se montraient intéressés. Cet été, selon nos chiffres, on atteignait presque les 20 %. On a quadruplé les demandes masculines en deux ans. Ils assument de plus en plus. 92 % des hommes et 87 % des femmes sont favorables à un catalogue plus masculin."

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Le vibromasseur qui titille les passions

Le magazine Flair cartonnait ce mardi en librairie avec son offre des plus originales.

Les arguments marketing sont de plus en plus étonnants ! Quelle serait votre réaction si vous aperceviez un vibromasseur bien en évidence en même temps que vous achetez le journal ? Le magazine Flair a décidé de frapper fort en cette rentrée en proposant un sex-toy en cadeau à l’achat de son numéro hebdomadaire.

Les avis divergeaient sur la question ce mardi, aux abords d’une librairie de la capitale. Un groupe de jeunes en secondaire trouve cela assez gênant. "Moi, je pense aux enfants qui peuvent voir ça, et qui demandent par la suite à leurs parents ce que c’est" déclare l’un d’eux. Un de ses amis renchérit. "Et puis, si on veut en acheter, il y a des endroits spécialisés ou Internet maintenant" .

Une étudiante partage cet avis : "Moi, ça ne me donne pas vraiment envie d’acheter. Si je veux un sex-toy, je l’achète directement. Là, ça fait un peu cheap …" "Si j’hésite entre plusieurs magazines féminins, je vais plutôt éviter celui qui m’oblige à faire face au vendeur", déclare-t-elle en rigolant.

Dans un rayon, au détour du magazine, une dame s’offusque. "C’est un peu choquant de voir ça là" , avant de préciser : "Moi en tout cas, je ne l’achèterai pas !"

La libraire dit ne pas être surprise car cela arrive fréquemment. "Ça m’étonne en revanche que ce soit maintenant. Généralement, c’est plus vers la période de la Saint-Valentin." Elle affirme que le magazine se vend bien et on peut aisément le constater : il ne reste plus qu’un seul exemplaire. Elle temporise les avis qui peuvent être négatifs : "Comparé à ce que l’on peut voir sur Internet, ça reste soft !"

Chez Flair , ce produit marketing est utilisé depuis plusieurs années. Il y a différentes sortes de cadeaux et le vibromasseur "fonctionne très bien, il correspond à une demande" explique Valérie Kinzounza, rédactrice en chef. "Il y a quelques années, on recevait beaucoup de plaintes car Flair avait un rôle de briseur de tabou. Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de tabou" . Elle explique que le but du magazine n’est pas de choquer et que les objets restent relativement communs. "Parfois, l’actualité est bien plus choquante. C’est le rôle des parents ensuite d’informer et d’expliquer aux enfants ce qu’ils peuvent voir."