Sexualité La masturbation compulsive ou l’addiction au porno sont réelles. La personne se sent piégée et ne maîtrise pas ses compulsions.

Qu’il fasse rêver, qu’il fasse vendre ou qu’il soit l’objet de nombreuses curiosités, le sexe est largement évoqué dans les médias, dans les magazines, les publicités, sur internet… Dans notre société, parler de sexualité est devenu monnaie courante.

Aujourd’hui, pourtant, on assiste à de nombreuses dérives liées à cette hypersexualisation. Mais, comme le précise Sabrina Bauwens, sexologue, "il faut parler de dérives avec précaution, car comme pour toute chose, la limite entre la normalité et la problématique est sensible."

Pour elle, il est préférable de parler de "compulsions" et "d’addiction". Ce qui, à la base était un plaisir, devient addictif et il en faut toujours plus à la personne. Toujours plus, toujours plus vite. La compulsion "ne nous apporte pas de plaisir ou de joie, c’est une sorte d’obligation frustrante qui nous pousse à agir."

Masturbation compulsive

L’une des plus répandue et plus connue est sans doute l’addiction au porno. En Belgique, les sexoliques anonymes sont de plus en plus sollicités. Les groupes d’entraide plus nombreux. L’addiction au sexe toucherait 5 % de la population mondiale, selon des statistiques du Sexual Recovery Institute.

Mais il existe également d’autres "compulsions". Les jouets sexuels n’y sont pas en reste : la sexologue liégeoise affirme que "la compulsion aux sextoys" existe.

À un stade plus pathologique et plus handicapant, il y a également les soucis de masturbation compulsive, "voire exclusive". La masturbation est naturelle. C’est l’une des expériences personnelles qui va permettre à chacun de découvrir son corps et son plaisir.

Quand l’activité solitaire devient compulsive, la personne qui se sent piégée par son besoin d’avoir recours à l’onanisme vit une réelle souffrance. L’homme (ou la femme) va se masturber par "nécessité" et non plus par plaisir ou envie. Elle se sent obligée de le faire pour mettre un terme à certaines tensions. La personne n’a plus de maîtrise. Elle se sent mal dans sa peau si elle ne pratique pas les caresses automatiques qui la conduiront à éjaculer ou éprouver un plaisir passager et systématique. Elle se sent coupable et mal à l’aise si elle le fait, mais c’est plus fort qu’elle. Certaines fois, elle y a recours entre 5 à 15 fois par jour. Cela peut avoir des conséquences sur le couple. Faire l’amour ou éprouver un plaisir sexuel autre que celui induit par l’onanisme peut parfois être impossible pour ces accros à la masturbation.

Pour ces personnes, il convient de consulter un spécialiste et réapprivoiser son plaisir, seul ou en couple, et sa sexualité progressivement, à travers des exercices pratiques, des prises de conscience…