Sexualité Les règles touchent les jeunes filles dès l’adolescence. Elles signent leur entrée dans la vie fertile. Pourtant, bien que cela touche toutes les femmes ou presque, la menstruation reste un sujet nébuleux.

Méconnaissance n°1 sur les règles

Goedele Liekens, sexologue régulièrement invitée dans les écoles pour parler aux adolescents, constate que la première méconnaissance concerne le flux.

"Je remarque, après mes entretiens avec les adolescents que personne ne sait combien de sang va arriver tous les mois. J’ai réalisé lors de mes cours d’éducation sexuelle que les jeunes filles venaient me trouver à la fin de la leçon pour me demander quelle est la norme? Visiblement, les parents n’ont pas parlé des règles à leurs enfants. Ils ont évoqué la contraception, mais n’ont pas abordé le sujet dans la globalité. Personne ne parle des règles abondantes et des douleurs que cela engendre. 10% des femmes ont des saignements importants et risquent l’anémie. Les ados ne savent pas ça. C’est dommage. Ça a un impact sur leur santé mais également sur leur vie sociale: elles peuvent s’isoler durant cette période..."


Amour et sexualité

La spécialiste remarque qu’avoir ses règles est toujours considéré comme "honteux ou sale". Elle ajoute que le fait d’avoir des règles peut avoir un impact social: "Certaines utilisent des éponges pour avoir des rapports durant leurs règles. mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Que voulons-nous cacher à la personne que nous aimons et qui est proche de nous? On essaie de cacher nos règles et on se sent sale. On donne l’impression aux femmes d’être moins puissantes, moins propres."

Elle continue: "Les règles deviennent une insulte courante. Un moyen de rabaisser la femme et de la limiter à ses cycles: T’as tes règles ou quoi? , quand on est de mauvaise humeur, le prouve. C’est une blague entre mecs aussi: Qu’a donc ta femme, elle a ses règles? On devrait arrêter ça. Ce n’est pas très respectueux."

Selon une récente étude menée par TEVA Pharmaceuticals, "de nombreuses femmes aimeraient réduire la fréquence de leurs règles pour améliorer leur vie sexuelle." Si elles avaient le choix, 49% des femmes préféreraient ne plus avoir de règles du tout.


Règles et grossesse

Le cycle menstruel est aujourd’hui mieux compris qu’antan. Les femmes peuvent avoir le choix de tomber enceinte ou pas. Neuf femmes qui utilisent un moyen contraceptif hormonal sur dix prennent la pilule. Et généralement - bien que pas du tout obligées -, les femmes l’arrêtent au bout de trois semaines pour permettre l’arrivée des règles. Elles se calquent sur le rythme naturel du cycle. Le piège est de croire qu’on est protégée à 100% en prenant la pilule. Les infections sexuellement transmissibles sont toujours à craindre, comme la grossesse.

"Les jeunes pensent, à tort, que l’on ne peut pas tomber enceinte quand on fait l’amour durant les règles", déplore la sexologue. "C’est faux. C’est là qu’on doit agir, mettre en place une éducation sexuelle et des discussions avec les adolescents. Car, oui, on peut tomber enceinte en faisant l’amour durant les règles. On sait, par la littérature scientifique, que le sperme peut survivre 7 jours, voire plus. Il peut attendre que ça passe. C’est un danger. La grossesse n’est pas inéluctable."