Sexualité Rocco Siffredi, la star du porno qui vient de ranger son flingue, était le parrain de cette 25e édition fesse-tive

"Le sexe est toujours tabou mais ça va mieux", confesse celui qui est venu vendre sa boisson énergisante - "Ça aide pour tenir le coup en soirée… et au lit" (sourires) - intitulée One Shot. On s’est habitué à la violence à la télé mais quand on parle de sexe, ça rend toujours les gens mal à l’aise. Mais ce côté mal à l’aise peut devenir intéressant."

L’étalon italien admet qu’il n’aurait pas fait carrière sans ses attributs(s) explicites. "Je pense que j’aurais une carrière similaire mais pas reconnu comme je le suis. Beaucoup de choses se sont déroulées grâce à ma taille", sourit l’acteur de 51 ans. "On gagne beaucoup d’argent dans le métier mais les cinq propriétaires des plus gros sites web pornographiques gagnent des millions !"

Vous avez ouvert une université du hard. Pourquoi ?

"C’était un rêve. Souvent, pendant mes voyages, je rencontre des jeunes et reçois des centaines de mails de gens qui veulent devenir acteur porno. C’est un peu comme avec ma série télé en Italie, Casa Siffredi. Je voulais montrer mon métier d’une autre façon en ouvrant une école. On a monté une vraie académie."

La sexualité a évolué. Il faut en apprendre les codes aux jeunes ?

"Le premier but est de montrer que star du porno est un véritable métier. Ce n’est pas quelque chose que tu peux apprivoiser. Les gens pensent qu’on baise et c’est tout. Mais baiser devant les caméras, ce n’est pas la même chose. Il s’agit d’une véritable performance théâtrale plutôt que de faire l’amour. On n’est plus seulement à la double pénétration, on arrive à la triple voire quadruple. C’est devenu de vraies performances. Il y a donc beaucoup de choses à savoir. Sur les quinze mecs que j’ai engagés sur les 2.000 demandes, deux sont partis le premier jour en disant qu’ils ne s’attendaient pas à ça…"

Est-ce que tout le monde peut devenir acteur porno ?

"Potentiellement oui. Tout s’apprend dans la vie. Mais si on veut devenir acteur d’un certain niveau, il faut déjà avoir un don du sexe. Il faut aimer cela. Comme moi, il faut aimer les blondes, les brunes, les maigres, les grasses, les vieilles et les jeunes."

Vous qui avez tourné plus de 1.500 films, pourquoi avoir arrêté en pleine gloire ?

"Je suis arrivé à un moment de ma vie où je devais donner quelque chose de plus à ma femme. Même si je me rends compte que je suis moins à l’aise derrière la caméra que devant. On en a parlé et elle m’a dit : ‘Je ne t’ai jamais demandé d’arrêter !’ Donc, il se peut que je m’y remette. On verra."

Il est possible d’être en couple dans ce métier ?

"Cela fait 25 ans que je suis avec ma femme (Rosa Caracciolo, ancienne Miss Hongrie et actrice porno NdlR) . Mais je crois que je suis un cas à part. Il faut avoir une femme très intelligente, qui ne pense pas qu’elle va te changer mais qui accepte qui tu es. Alors, c’est possible. Si elle pense te changer, ça n’ira pas."

Vous produisez et réalisez depuis 1993. À quoi ressemblera le film porno de demain ?

"C’est cela qu’on essaye de comprendre. Les 15 dernières années, il y avait une tendance au fétichisme global entre gonzo, SM et les gros seins. Et maintenant, on est arrivé aux quatre bites dans le cul (sic) . C’est devenu du cirque et les acteurs pornos, des bêtes de foire. Il n’y a plus rien de romantique envers la femme. L’industrie est devenue une véritable machine. On est au Viagra chez les hommes et les femmes dans des performances impossibles à répliquer chez soi. On ne sait pas où on va arriver. J’espère qu’on va revenir à des choses plus réalistes."

La pornographie reflète toujours la société ?

"Absolument ! Ce qu’on fait dans les films, c’est ce que les gens deviennent dans leur vie. Les gens vivent donc une sexualité extrême car dans nos vies, on vit trop vite. On n’a pas le temps de réfléchir donc on a besoin d’émotions très fortes. C’est très bizarre."

Les jeunes sont déconnectés de la réalité…

"C’est une génération qui a grandi avec Youporn. Est-ce bien ou mauvais ? Je ne sais pas. Si la nouvelle génération est moins frustrée, elle est très déconnectée dès 18 ans. Ils font ça parce qu’ils l’ont vu sur le web et pensent que c’est la vraie vie. C’est une surenchère. Les filles deviennent très agressives sexuellement et les mecs ont de plus en plus de mal à suivre…"