Sexualité Les sexophobes, principalement des femmes, n’ont aucune affinité avec les relations sexuelles personnelles et relationnelles.

Qu’est-ce que la sexophobie ?

Le sexologue clinicien bruxellois livre une définition de la sexophobie: "La sexophobie n’est pas limitée au mot phobie. Les sexophiles sont ceux qui aiment le sexe. Les sexophobes, c’est le contraire. Ce ne sont pas des gens qui en ont forcément peur. Ce sont des gens qui n’aiment pas la sexualité, ils ont une hostilité sur la chose, souvent irraisonnée. Ils ont essayé, mais n’y ont pas trouvé leur plaisir. Ils n’aiment simplement pas ça! Ce ne sont pas des asexuels. Ces derniers sont des gens qui n’ont pas du tout de relation sexuelle, pas de masturbation et aucun fantasme." Le spécialiste détaille : "Nous avons trois activités sexuelles: la relationnelle (avec une autre personne), la personnelle (la masturbation) et une autre personnelle (les fantasmes). Les sexophobes n’aiment pas les trois, mais ils vont tout de même faire l’amour parce qu’ils sont en couple, par obligation parce que l’homme ou la femme insiste. De temps en temps, le sexophobe va subir une relation sexuelle parce que l’autre la désire."

Plus de femmes que d’hommes

Le profil du sexophobe est majoritairement féminin. "On n’a pas de données chiffrées exactes", regrette le sexologue clinicien. "Cependant, on estime que la sexualité ne fait pas partie de la vie de 20 à 25 % des femmes, contre 5 à 10 % des hommes. Chez ces derniers, la moyenne augmente." Mais qu’est-ce qui pousse de plus en plus d’hommes à ne pas apprécier le sexe ? "Ils mettent ça sur le compte de la fatigue, sur le fait qu’ils ont beaucoup de boulot et éprouvent du stress… De plus, depuis quelques années, la qualité et la quantité de sperme diminue. Cela serait dû aux phytoestrogènes, au plastique, aux pesticides… Le taux de testostérone baisse, ça peut être une des explications. Mais, en général, les gens mettent ça sur le compte du stress et de la fatigue."

Que faire pour aimer la sexualité ?

Si le sexophobe, quel que soit son genre, souffre, il y a des possibilités. "Si la personne souffre de son manque de désir sexuel, il faut qu’elle remplisse trois conditions pour que ça marche. La première, c’est la curiosité. Il faut qu’elle soit curieuse, désireuse d’apprendre ce qu’est la sexualité. La seconde, c’est la motivation, parce qu’on va lui donner des exercices à faire. La troisième condition et c’est la condition de base : il faut qu’elle vienne pour elle. Ça ne sert à rien si elle ne se dit pas que le sexe c’est pour elle, pour son propre plaisir. Elle ne doit pas venir pour quelqu’un d’autre. Si elle remplit ces conditions, on la prend en charge en sexologie positive. On va lui donner plusieurs petits exercices pour érotiser son corps (toucher différentes zones du corps pour voir la réaction de son corps, masturbation...) pour être un jour compétente sexuelle* et améliorer son image corporelle. De nombreuses femmes ont une mauvaise image corporelle. C’est jouer avec son corps. Pour ça, il faut masturbation et fantasme. Le sexophobe doit avant tout développer sa sexualité personnelle, avant de prendre en charge la sexualité relationnelle."

*Le compétent sexuel : celui qui sait donner, recevoir (l’excitation au niveau des organes génitaux) et prendre (au niveau du cerveau) du plaisir sexuel.